La miséricorde des cœurs, une ethnographie de la Hongrie communiste

C’est à la fois réjouissant et désespérant : un grand roman (La miséricorde des cœurs), d’un auteur plein de talent (Szilárd Borbély), qui s’est donné la mort trop tôt (l’an dernier).

Szilard Borbely

Le grand Imre Kertész avait dit de Szilárd Borbély qu’il est « le poète le plus prometteur et le plus perdu de la poésie hongroise ».

La présentation de son éditeur :

Dans le nord-est de la Hongrie, douze ans après la répression de l’insurrection de 1956, une famille multiplie les efforts pour subsister quotidiennement. Le jeune fils observe et rend compte des réactions de ceux qui l’entourent : sa mère – fille d’un koulak -, son père – fils du seul Juif rescapé du village -, sa grande sœur et son petit frère, sa tante, ses grands-parents et les gens du village.

Son récit permet de reconstituer l’histoire de cette famille et, en filigrane, celle de la Hongrie depuis le début du XXe siècle : les traumatismes provoqués par les affrontements de la Grande Guerre, le retour des rescapés du goulag ou les mesures communistes d’expropriation des terres…

Écrit avec une précision ethnographique rare, La Miséricorde des cœurs témoigne d’un long cheminement, d’une lutte incessante pour échapper au destin et devenir libre. « Personne n’avait jamais écrit d’une manière si belle et en même temps si impitoyable sur la misère dans les villages reculés des terres hongroises. […] Ses phrases sont d’une précision chirurgicale et le rythme soutenu qu’il tient tout du long ne fait que renforcer la puissance de ce qu’il décrit », écrit notamment Nicole Henneberg dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung.

Lire une très belle critique de Telerama.