Hongrie : l’immigration principal danger pour les femmes ?

A l’occasion de la Journée internationale contre les violences faites aux femmes, le Fidesz a attaqué une énième fois la politique migratoire de la Commission européenne, estimant que les réfugiés représentaient le plus grand danger contre les femmes.

L’Union européenne et sa politique d’immigration permissive seraient les plus grands dangers pour les femmes et les enfants, a déclaré le Fidesz vendredi, à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. C’est pourquoi la lutte contre l’immigration est tellement importante à ses yeux, a expliqué le parti au pouvoir dirigé par Viktor Orbán.

Le Fidesz rumine encore ses deux tentatives avortées de contrecarrer le projet européen de relocalisation de migrants : le référendum du 2 octobre puis l’amendement de la Constitution. En visant ainsi les réfugiés, le parti conservateur cherche également à faire oublier les dramatiques situations vécues par de nombreuses Hongroises dans le pays. Selon des statistiques mentionnées par le syndicat Liga en 2013, 20% des femmes hongroises ont grandi dans une famille où le père bat sa femme et au moins 23% ont été battues par leur propre partenaire. En Hongrie, chaque semaine, une femme est tuée par son conjoint.

Malgré cette cécité dans les déclarations du Fidesz, le ministère des Ressources humaines a toutefois pris l’engagement de lutter contre ce type de violence et consacrera près de 3 milliards de forint à cette tâche – des fonds de développement de l’Union européenne – pour étendre le soutien aux victimes et mettre en place des programmes de prévention.

Le sexe sans consentement est acceptable si…

La Commission européenne a dévoilé le 25 novembre les résultats d’une vaste étude portant sur la perception des violences faites aux femmes dans les pays de l’Union. Il ressort de cet Eurobaromètre qu’un quart des Européens estime que les rapports sexuels sans consentement peuvent être justifiés sous certaines conditions, comme la consommation d’alcool ou une tenue ou un comportement provocateurs.

Les répondants en Roumanie et en Hongrie (41%) sont constamment parmi les plus susceptibles de justifier le sexe sans consentement, à l’opposé des répondants suédois et espagnols. Un quart des Roumains interrogés et un cinquième des Hongrois estiment par exemple qu’une relation sexuelle sans consentement est justifiée si une personne rentre volontairement chez elle accompagnée ou si celle-ci porte une tenue vestimentaire provocatrice.

Il y a deux ans, la police de Pécs (dans le sud de la Hongrie) avait créé une vive polémique en produisant des vidéos culpabilisantes pour les victimes de viol.

Message de la police aux Pécsoises : si tu te comportes comme une salope…