Le PiS tenté par le charcutage électoral de Varsovie

Un projet de loi sur le remaniement des frontières administratives de la ville de Varsovie fait polémique en Pologne. Le PiS souhaite intégrer à ce bastion de l’opposition libérale ses banlieues conservatrices.

Présenté par les députés du parti conservateur Droit et Justice (PiS), ce projet de loi vise à fusionner la capitale polonaise avec 32 villes de banlieue, afin de créer une entité plus viable et mieux organisée. Ainsi, la population de la capitale polonaise passerait de 1,7 à 2,5 millions d’habitants, et sa superficie augmenterait de 400%. Elle deviendrait aussi étendue que le Luxembourg ou Hong-Kong et 2 fois plus que New York ou Londres.

varsovie

Les partisans du projet soutiennent que ces changements rendront la vie plus facile aux résidents des zones autour de la capitale. Comment ? Grâce à l’amélioration des accès aux transports publics, à l’éducation, aux services de santé et à la culture liés à cette fusion. Pourtant, si les habitants de la banlieue peuvent se sentir délaissés par rapport à leur voisins de Varsovie, la raison principale n’est peut-être pas celle-ci.



Un « Gerrymandering » à la sauce polonaise

La maire de Varsovie Hanna Gronkiewicz-Waltz, également cheffe adjointe du parti d’opposition Plateforme Civique (PO) estime que cela permettrait au parti conservateur au pouvoir, Droit et Justice (PiS), de mettre la main sur la ville. En effet, si les 32 villes de banlieue fusionnent avec la capitale, les « nouveaux » habitants auront leur mot à dire dans les élections municipales et la tendance de ces villes est plutôt conservatrice. En proposant ce projet de loi sur le remaniement des frontières administratives, le PiS espère donc faire pencher la balance des électeurs de son coté. Ce « gerrymandering » – charcutage électoral – made in Poland suscite bien des débats. La question sera en tout cas tranchée par un référendum prévu le 26 mars prochain.

Yohan Poncet