The Last Family investit les écrans français

Le film The Last Family du réalisateur polonais  Jan P. Matuszyński dresse le portrait du peintre surréaliste Zdzisław Beksiński dans la Pologne des années 1980. Entretien avec Miliani Benzerfa de la société de distribution Potemkine.

Cet article vous est offert par l’association Kino Visegrad, site d’information et de diffusion du cinéma centre-européen dans l’espace francophone.

Après avoir réalisé un documentaire remarqué, le jeune réalisateur polonais Jan P. Matuszyński s’est attelé à la forme fictionnelle pour son nouvel opus : The Last Family. Le film dresse le portrait singulier du peintre surréaliste Zdzisław Beksiński et de ses proches, dans un contexte instable : la Pologne des années 1980. Fils au chevet d’une mère démente, mari d’une religieuse convaincue, père d’un fils impulsif et suicidaire paradoxalement devenu célèbre animateur de radio, Beksiński est montré comme le pivot de relations familiales tendues, lesquels indirectement dessinent les changements en cours dans la société polonaise. Construit comme un biopic, il dépasse largement les règles du genre en y mêlant des éléments issus de la chronique familiale et les codes du burlesque. Subtilement, le réalisateur fait preuve d’une audace esthétique indéniable, laquelle conjugue constamment l’ironie au tragique.

Le regard aigu dont le film est porteur a permis à The Last Family d’être présenté en compétition au Festival International du Film de Locarno, avant d’être récompensé. L’acteur principal du film, Andrzej Seweryn, y a effectivement remporté le prix d’interprétation masculine pour son incroyable performance, consacrant une longue carrière ponctuée par des prouesses mémorables dans les films d’Andrzej Wajda, Andrzej Żuławski, Krzysztof Kieślowski, Régis Wargnier, Peter Brook et Alain Resnais.

Mais qui est Zdzisław Beksiński ? Peintre mais aussi photographe, il est connu pour son approche du style « post-apocalyptique ». Né en 1929, Beksiński est une figure de l’art en Pologne et a souvent été célébré à l’étranger. Deux ans après avoir déjà présenté plusieurs de ses toiles au public parisien, la Galerie Roi Doré offrira une fois encore l’occasion de se plonger dans l’œuvre de l’artiste. Du 5 décembre au 13 janvier prochains, la galerie accueillera l’exposition « Beksiński – In hoc signo vinces ». Une dizaine de toiles, mais également des dessins et des photographies issues d’une collection particulière, y seront présentées. Ce sera le point de départ d’une série d’événements autour de l’œuvre de l’artiste en France mais également en Pologne.

The Last Family sortira sur les écrans français le 17 janvier 2018 grâce au distributeur Potemkine. Le programmateur de la société, Miliani Benzerfa a répondu à nos questions concernant son travail.

Pourquoi avez-vous choisi de distribuer ce film ? Qu’est-ce qu’il vous ai décidé de le faire ?

Nous avons découvert The Last Family au Festival de Locarno. On a été immédiatement saisis par la maitrise et la puissance dramatique de ce premier long-métrage. On s’est tout de suite posé la question de le distribuer en France. Il nous semble important de défendre des réalisateurs tels que Jan P. Matuszynski et ce dès leurs premières œuvres. On a aussi été bluffé par la manière dont le film brouille les pistes entre le réel et la fiction ainsi que sa manière d’embrasser des genres différents tout en restant unique dans son approche.

Votre choix s’est porté sur un film d’Europe centrale. Qu’est-ce que vous motive à montrer des productions de cette région ? L’avez-vous déjà fait auparavant ?

C’est la première fois que nous distribuons un film d’Europe centrale même si nous aurions bien aimé en défendre certains autres. On est très attirés par la vitalité cinématographique qui se dégage de ces pays.

Quelle est la perspective, selon vous, pour les films originaires de ces pays pour être distribués et surtout vu par les spectateurs français ? Avez-vous prévu des stratégies de promotion particulières pour toucher un public plus large avec ce film ?

Nous n’avons pas de stratégie différente selon l’origine des films que nous distribuons en salle. L’important, il nous semble, est de dégager un angle qui pourrait attirer le spectateur Français a découvrir le film.

Plusieurs séances en avant-première auront lieu le mois précédent cette sortie : le 4 décembre à Lyon, le 8 décembre à Nancy, Caen et Saint-Etienne, et le 9 décembre à la Cinémathèque Française à Paris (ces événements sont organisés en coopération avec l’association Kino Visegrad). 

Sortie française de The Last Family

Exposition, Beksiński – In hoc signo vinces

 

 

Camille Burgess