Taxe internet : coup de semonce contre le gouvernement hongrois

Environ 10 000 personnes ont manifesté dimanche soir à Budapest contre un projet de taxe sur l’internet. Et si ce n’était que le déclencheur d’un plus large mouvement ?

Le gouvernement a déposé la semaine dernière un projet d’amendement qui prévoit de taxer les fournisseurs d’accès à internet et leurs clients. La taxe pour les fournisseurs serait de 150 HUF par Gigabyte téléchargé. Suivant les réactions outrées qui se sont immédiatement répandues sur la toile, le gouvernement a proposé un plafond de 700 HUF par internaute et par mois.

Cela n’a pas empêché une manifestation massive dimanche soir, devant le ministère de l’économie, sur la place des Héros et devant le siège du parti au pouvoir, le Fidesz où des vitres ont été cassées. Son slogan le plus en vue : « Internet gratuit, Hongrie libre ! ». Au-delà de cette taxe sur l’internet, des slogans anti-gouvernementaux ont été scandés comme « Gouvernement-maffia ».

Dans les manifestants, il y avait notamment l’ancien maire de Budapest Gabor Demszky (SZDSZ) mais aussi et surtout le chargé d’Affaires de l’ambassade des États-Unis (1er diplomate US en Hongrie en l’absence d’ambassadeur), M. Andre Goodfriend. Un signal fort alors que la Hongrie et les États-Unis sont en pleine passe d’armes diplomatique.

Des journalistes de la chaîne d’information pro-gouvernementale « Hír TV » ont été pris à partie et on a pu entendre le slogan « Hir TV, lèche-cul! ».

Le site Portfolio.hu rappelle que sur les plus de 40.000 personnes inscrites sur la page Facebook, environ 10.000 ont effectivement participé à la manifestation, mais 17 000 autres personnes l’ont suivi en direct sur internet sur le site de streaming ​​Ustream et 19 000 ont suivi son développement en quasi temps réel sur Index.hu.

Les manifestants ont promis de descendre à nouveau dans la rue mardi si le projet n’est pas abandonné. Si le gouvernement cède trop vite à leur exigence, il montrera sa faiblesse. Mais s’il s’obstine, il prend le risque que ce mouvement prenne de l’ampleur en cristallisant les rancœurs accumulées par une partie des 8 millions de Hongrois qui ne votent pas pour le Fidesz. Il n’est pas impossible que ce dimanche 25 octobre reste comme un tournant de l' »Orbanisme ».

Photo : Index.hu