Le président slovaque s’oppose à une loi controversée sur l’encadrement des religions

La loi soumise à la fin du mois de novembre par le parti islamophobe SNS ne verra finalement sans doute jamais le jour.

Bratislava, correspondance – Le président de la République de Slovaquie, Andrej Kiska, a finalement posé son veto au projet de loi gouvernemental visant à augmenter le seuil minimal de membres de 20 000 à 50 000 d’une communauté religieuse pour que celle-ci soit reconnue par l’État. Cette reconnaissance est essentielle pour les cultes car elle permet d’obtenir des subsides d’État et donne le droit à l’ouverture d’écoles confessionnelles. Certaines voix s’étaient élevées contre ce projet de loi qui semblait viser particulièrement la communauté musulmane de Slovaquie, estimée entre 2 000 et 5 000 croyants. La loi a donc été renvoyée au parlement.

Le président Kiska a demandé l’abandon pur et simple de la loi, expliquant sa décision par la trop grande interférence que la loi posait aux droits et libertés fondamentales garanties par la Constitution. De plus, les cas de fraude aux subventions d’État concernant les cultes religieux n’étaient aucunement étayés et qu’il n’existait donc aucune justification à priori à la création d’une telle loi. Andrej Danko, président du parti national slovaque (SNS), membre de la coalition au pouvoir et promoteur de cette loi, et président du parlement, a regretté que ce veto intervienne au lendemain de l’attentat de Berlin et affirmé que son parti proposera en 2017 un projet de loi pour interdire la burqua dans les lieux publics. Il a par ailleurs fustigé le multiculturalisme qui, selon lui, met en péril la sécurité des pays européens.

Photo : prezident.sk