Robert Fico veut sonner le glas du « politiquement correct »

Le premier ministre slovaque Robert Fico a tenu un discours qui le place, une nouvelle fois, bien loin des radars de la sociale-démocratie à laquelle il est censé appartenir. Sans challenger, il a été réélu sans difficulté à la tête de son parti, samedi à Nitra, rapporte The slovak spectator.

Samedi 10 décembre, le Smer-SD tenait son congrès de fin d’année à Nitra, une ville 80 000 habitants située dans le centre-ouest de la Slovaquie, une cinquantaine de kilomètres à l’est de la capitale Bratislava. Le Smer-Sociálna Demokracia (pour « Direction Social-démocratie ») qui a été fondé en 1999 par Robert Fico lui-même est membre de l’Internationale socialiste et du Parti socialiste européen (PSE). Ce que ne laisse pas supposer la rhétorique de son leader, souvent qualifié d’ « Orbán slovaque ».

Comme lors du congrès au début du mois de mars, dans le discours de cinquante minutes de Fico, il a été question de l’accueil des réfugiés relocalisés en Slovaquie selon des quotas élaborés par la Commission européenne. Robert Fico a dénoncé les « sujets abstraits concernant les droits humains » et estimé que la priorité pour son parti était de « prendre soin de ses électeurs » avant de répondre aux exigences imposées de l’extérieur. Selon le patron du Smer, il est temps de « mettre fin au politique correct » et de « nommer les choses par leur nom ».

Sur la question de l’intégration des Roms, M. Fico s’est opposé à l’Ombudsman Jana Dubovcová et déclaré « Assez avec la tolérance ». Deux semaines après avoir traité des journalistes de « sales putes anti-slovaques », il a maintenu sa ligne en considérant que « les médias ne sont pas corrects avec nous ». Sur les questions sociales, le Smer s’est fixé pour objectif d’augmenter le salaire minimum à 500 euros, à l’horizon 2019.

Quelques manifestants s’étaient retrouvés dans le froid devant le bâtiment où se tenait le congrès pour réclamer la démission du ministre de l’Intérieur Robert Kalinak, englué dans l’affaire Bašternák qui secoue le pays depuis des mois. En vain, puisque celui-ci a été reconduit à son poste de vice-président du parti avec l’appui de 318 des 417 délégués.

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