Un référendum contre l’agrandissement de la centrale de Paks ?

Le parti vert LMP a indiqué vendredi 24 février vouloir un référendum national sur l’agrandissement de la centrale nucléaire de Paks, rapporte l’agence de presse MTI.


(adsbygoogle = window.adsbygoogle || []).push({});

Cette demande tombe juste après que le mouvement Momentum a obtenu le retrait de la candidature de Budapest pour accueillir les Jeux Olympiques de 2024. Cette fois, c’est le LMP (« Une autre politique est possible »), un petit parti écolo-agrarien, membre du parti Vert européen, qui souhaite un référendum national sur l’agrandissement de la centrale nucléaire de Paks, confié au début de l’année 2014 à l’entreprise russe Rosatom.

Nucléaire : la Hongrie s’en remet à Moscou

Sa co-présidente, Bernadett Szél, a annoncé lors d’une conférence de presse vendredi dernier que le recul du gouvernement sur la question des Jeux olympiques prouve que les citoyens hongrois ne devraient pas non plus donner quitus sur un sujet aussi important. Selon elle, tous les Hongrois devaient être consultés avant de poursuivre un projet d’ampleur nationale comme celui-ci, représentant un investissement estimé à 12 milliards d’euros.

Le LMP a toutefois peu de chance de réussir dans son entreprise. Interrogé par l’agence de presse MTI, Miklós Szánthó, directeur du Centre pour les droits fondamentaux, estime que la Commission nationale électorale (NVB) pourrait rejeter la demande de référendum initiée par LMP. En effet, l’extension de la centrale nucléaire relevant de financements et d’investissements internationaux, elle est régie par des accords entre État sur lesquels un référendum n’aurait aucune valeur. La Loi fondamentale hongroise stipule qu’il est impossible de soumettre à référendum ni la signature de traités internationaux, ni les obligations et engagements qui en découlent. Par ailleurs, une initiative similaire portée par l’eurodéputé hongrois Benedek Jávor avait achoppé pour cette raison.

Plusieurs enquêtes d’opinion réalisées depuis 2014 semblent indiquer que l’opinion publique est réservée voire hostile au projet « Paks 2 » et qu’une majorité de hongrois se montre en faveur du développement des énergies renouvelables.

Yohan Poncet