Ördögkatlan, un festival champêtre made in Hongrie

Troupes de cirque et de théâtre, rockeurs, intellos de la grande ville, jeunes étudiants de Pécs et jeunes tout-court des environs, violons tziganes, musiciens classiques de renom international… Tout ce petit monde se croise au début du mois d’août au Ördögkatlan Fesztivál pour donner lieu à ce qui est sans aucun doute le festival le plus sympa de tout le pays.

Ne nous y trompons pas : derrière l’aspect champêtre, on à affaire à un véritable festival avec une programmation très large et pourtant des plus pointues au niveau théâtre, jazz, musique classique… Pour la huitième édition qui vient de finir, le festival avait mis au programme 80 pièces de théâtre, 150 concerts, 30 expositions, 20 rencontres littéraires, 15 projections de films et plein d’animations pour les familles. Jugez-en plutôt sur la page de présentation en anglais de l’édition 2015 du festival.

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Voici les bonnes raisons de ne plus rater le festival Ördögkatlan.

Le « Chaudron du diable » se tient chaque année au mois d’août depuis huit ans sous les meilleurs auspices et contrairement à ce que son nom laisserait penser, il ne s’agit pas de death metal. On s’assoit sur des ballots de paille, on danse le folk hongrois et on boit dans des granges, les backstages donnent sur des poulaillers. Pas de pubs et de sponsors intempestifs, rien que les champs et les gens.

Et tout cela sous le ciel étoilé du mois d’août. Et pour cause, le festival est organisé sur quatre petits patelins du Baranya, dans le sud du pays, à 200 km de Budapest, entre Pécs et la frontière croate : Kisharsány, Nagyharsány, Palkonya et Beremend.

C’est un grand bol d’air frais et de « magyaritude ». Ici on peut passer une soirée dans une táncház sans les symboles nationalistes qui collent trop souvent à la redécouverte (salvatrice) du folklore et des traditions hongroises. Si le festival – qui dépend largement de subventions publiques – est apolitique, il suffit de jeter un œil à la longue liste de ses invités pour comprendre qu’ici, c’est la tolérance qui prime.

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Pour rencontrer des écrivains contemporains parmi les plus estimés en Europe. Les grands Péter Esterházy et György Konrád, mais aussi László Krasznahorkai (le génial auteur de Guerre et guerre, traduit cette année en français) étaient présents cette année…

…tout comme des artistes de grande classe tels que le chorégraphe Josef Nadj et le cinéaste Béla Tarr. D’ailleurs, avec des parrains comme l’actrice Mari Törőcsik et le défunt musicien Tamás Cseh, deux artistes de légende, on ne voit pas comment ce festival pourrait être de piètre qualité.

Parce que les caves de Villány sont à un jet de pierre et que dans le village de Palkonya par exemple, on peut déguster un bon vin tout en écoutant un concert de rue.

Pour se marrer avec des comédiens de rues, au frais dans une grande piscine et assister à un buff improvisé au détour d’une rue ou dans un bus.

Pour voir le meilleur de ce qui se fait en ce moment au niveau musique hongroise : Quimby, Kiscsillag, Csík Zenekar, Budapest Bár…

Pour voir enfin sur scène Félix Lajkó, le virtuose qui a posé le violon sur « Ernestine » et d’autres morceaux de Noir Désir, ou encore Kristóf Baráti.

Ici, on n’est pas obligé d’achever sa soirée avec un set de DJ, on peut choisir l’option musique traditionnelle ou táncház.

Pour dormir chez l’habitant plutôt qu’à l’hôtel.

Parce que la coqueluche du festival est une fanfare rock venue de France, le Wombo Orchestra, et que d’autres Français y sont les bienvenus comme le cirque Cie Galapiat, le peintre/plasticien Didier Delannoy, les comédiens des Apostrophés

Et pour plein d’autres raisons encore !

Le site internet du festival Ordokatlan

L’hommage émouvant rendu à Tamas Cseh lors de cette édition 2015 du Ördögkatlan.

Les photos sont de Mihaly Laszlo et issues de la page facebook du Ordogkatlan.