Viktor Orbán : « Quelque chose de similaire est en cours en France »

Dans la continuité de l’année qui s’écoule et qui a vu le Royaume-Uni choisir de quitter l’Union européenne et les États-Unis se choisir un Donald Trump pour président, le Premier ministre hongrois entrevoit de grands bouleversements politiques pour l’année à venir. Pour Viktor Orbán, le temps de la contre-révolution conservatrice et de la revanche du peuple contre les élites est arrivé.

Année 2017, année de la rébellion. Cela ne rime pas, mais qu’importe, c’est le vœu qu’a formulé le Premier ministre hongrois dans une interview au journal inféodé au pouvoir, 888.hu. Le vœu, ou plutôt la prédiction. M. Orbán se dit convaincu que 2017 sera « une année de rébellion intellectuelle des classes moyennes et des nations » contre « le politiquement correct, l’isolement forcé et la stigmatisation ».

Une année de rébellion des « Européens chrétiens et nationaux de notre espèce », contre les « forces libérales et globalistes qui entretiennent le statu quo et veulent créer des États-Unis d’Europe sous leur contrôle ». Dans cette interview, le Premier ministre a une fois de plus utilisé la figure du milliardaire-philanthrope George Soros pour personnifier l’ennemi et égratigner au passage le travail des ONG que celui-ci finance.

C’est cette rébellion des classes moyennes qui, argumente M. Orbán, a défait le « clan Clinton » lors de l’élection américaine en novembre et permis le Brexit quelques mois plus tôt. En Autriche, cette rébellion a seulement été remise à plus tard, estime le dirigeant hongrois qui regrette ainsi à demi-mots la défaite du Parti de la Liberté d’Autriche (FPÖ). Mais, ajoute-t-il, les rébellions en Italie et aux États-Unis n’ont pas pu être écrasées et l’année électorale à venir en Allemagne, aux Pays-Bas et en France est, de son point de vue, prometteuse.

« Make Hungary great again! »

En raison de l’appartenance du Fidesz au Parti Populaire Européen (PPE) aux côtés des Français « Les Républicains », Viktor Orbán prend soin de ne pas préciser qui de François Fillon ou de Marine Le Pen a sa préférence, mais il estime toutefois que les sondages indiquent que « quelque chose de similaire est également en cours en France où ceux qui sont vulnérables et qui ont été laissés pour compte cherchent une issue ».

Galvanisé par la présidence à venir de M. Trump, le Premier ministre hongrois s’exclame à son tour, en anglais « Make Hungary great again! »

L’élection de Trump, a fucking good news pour Viktor Orbán !

L’image d’illustration est issue du magazine «The Economist».