« Non à la corruption » : manif de l’opposition devant le QG du Fidesz

Une foule compacte de manifestants s’est réunie lundi soir devant le QG du parti Fidesz au pouvoir pour protester contre la ratification de la nouvelle loi sur les terres agricoles. Les manifestants, qui avaient répondu à l’appel du LMP, du PM (Dialogue pour la Hongrie) et d’Együtt 2014, ont dénoncé la « corruption » du parti au pouvoir. 

Les manifestants étaient attendus par Fidesz : une immense affiche avait été hissée sur les murs du quartier général du parti. Son texte ironique – « Ensemble avec la mafia de gauche » – était écrit plus gros que n’importe laquelle des pancartes des manifestants présents. Mais il n’y avait personne aux fenêtres du siège du parti, et personne non plus aux balcons… A part quelques oies blanches en plastique, disposées elles aussi par le Fidesz : un hommage moqueur au scandale de Hajdú-Bét, dans lequel est impliqué Gordon Bajnai, à la tête du parti d’opposition Együtt 2014 (parti créé dans l’objectif des élections de 2014, pour battre Viktor Orbàn).

Affiches « non à la corruption », devant le siège du Fidesz. Hu-lala.org

Les manifestants n’avaient pas choisi le lieu de leur action par hasard. Se rendre devant le siège du Fidesz plutôt que devant le Parlement pour dénoncer les décisions du gouvernement, c’était mettre le doigt sur un fait très simple : fort de son écrasante majorité, le Fidesz n’a besoin d’aucun autre parti pour gouverner que du petit parti fantoche KDNP, chrétien-démocrate.

Les allocutions se sont succédées dans le calme, devant un parterre de manifestants plutôt âgés. Elles ont tourné autour des affaires de corruption et de clientélisme qui sont au cœur de l’actualité hongroise depuis quelques temps : la loi sur les terres agricoles, qui ne profitera qu’aux proches du gouvernement, et les arrangements au sommet concernant l’ouverture de débits de tabac.

D’une manière plus globale, le bilan du Fidesz au pouvoir a été fait. Gordon Bajnai, qui a eu le mot de la fin, s’est servi de ce droit d’inventaire pour affirmer sa position de candidat aux élections législatives de 2014. Il a appelé de ses vœux une Hongrie « normale, européenne, débarrassée de la corruption, ne suscitant plus la méfiance de ses voisins ».

G.C.