Le cinéma à l’honneur à Budapest avec les festivals EuShorts et Anilogue

Le festival EuShorts vient de s’achever, Anilogue prend la relève au pied-levé. Ce festival international de film d’animation se déroulant d’abord à Vienne, s’est ouvert le 21 novembre à Budapest.

Choix parfait du film pour la soirée d’ouverture : Arrugas (Rides) raconte avec justesse, humour et émotion le dernier combat contre l’injustice de la vie que doivent mener Emilio et Miguel, envoyés (abandonnés ?) par leur famille en maison de retraite. De nouveau, le seul bémol revient au discours d’ouverture qui n’a pas été traduit en anglais. Les non magyarophones ont donc raté les explications sur la réalisation d’un film d’animation et l’invitation à boire une bière gratuite (!) au Szimpla sur présentation du ticket de cinéma. Tant pis pour eux !

  • Le 10ème festival Anilogue sur le site de l’Institut français
  • Du 21 au 28 novembre, Toldi Mozi, Budapest V., Bajcsy-Zsilinszky út 36.

Deux films d’animation français sont à l’affiche et en lice dans la compétition principale : Couleur de peau : miel et Le tableau.

Le premier est adapté du roman graphique éponyme et revient sur quelques moments clés de la vie de Jung (un jeune coréen… pas le psychanalyste !) : l’orphelinat, l’arrivée en Belgique, la vie de famille, l’adolescence difficile… Il nous raconte les évènements qui l’ont conduit à accepter ses mixités. Déracinement, quête d’identité, amour maternel sont autant de thèmes abordés avec poésie et drôlerie…

Le tableau de Jean-François Laguionie, nous raconte l’histoire d’une peinture inachevée où vivent trois espèces de personnages, que le Peintre a plus ou moins « finis ». S’estimant supérieurs, les Toupins prennent le pouvoir. Persuadés que seul leur créateur peut ramener l’harmonie, Ramo, Lola et Plume réussissent à quitter le tableau pour partir à sa recherche…  Anilogue porte haut les couleurs de l’animation française en Hongrie.

Retour sur un succès : le festival EuShorts

Vendredi 16 novembre, au cinéma Toldi de Budapest, a eu lieu la soirée d’ouverture du festival de courts métrages EuShorts. Les organisateurs nous ont régalés avec le programme « Gossip Pink » qui, comme son nom le laissait supposer, fut tout à fait hilarant. Cette sélection d’ouverture comportait deux court-métrages français : Tram de la réalisatrice Michaela Pavlatova, là où les pulsions de la conductrice de ce tramway nommé désir transforment la réalité en un délire surréaliste et phallique ; et The end, de Didier Barcelo, nous plongeant dans une société où s’effacent lentement les vieux acteurs pour être remplacés par de « nouvelles têtes ». Un seul bémol sera émis sur la piètre qualité de la traduction simultanée en anglais pour les non-magyarophones. Une très bonne raison de plus pour apprendre le hongrois, si jamais vous n’étiez pas encore motivés !

Les films proposés pour ce festival ont été rassemblés en différents sets de couleurs, allant du rouge « Poppy » au bleu « Bloodblue », chaque couleur étant censée cadrer l’ambiance des programmes courts qu’elle contient. L’idée est attractive, le résultat en général satisfaisant, même si certains sets comprennent des films d’une inégale qualité. Enfin, comme on dit, les goûts et les couleurs…

Beaucoup de rires ont retenti dans les salles du Toldi et de l’Uránia, les deux cinémas porteurs de ces festivals, quelques larmes ont coulés aussi… il faut dire que les Hongrois ont du cœur !