La magie du Sziget Festival opère encore

2015 est un millésime pour le Sziget Fesztival. 441 000 « Szitizens » issus de près d’une centaine de pays ont participé à la grand messe de la musique et du fun à Budapest cette année. Record battu ! Hongrois, Hollandais, Français, Britanniques, Allemands et Italiens sont les plus gros contingents. Et si le Sziget était le meilleur des gros festivals en Europe ?

Bien sûr, tout n’était pas parfait : la canicule qui a frappé la Hongrie durant toute la semaine a provoqué des vagues de poussière contre lesquelles l’organisation a lutté en vain. Les points d’eau n’étaient pas en quantité suffisante et il faut faire la queue longtemps pour les douches (car si si, les festivaliers, aussi, prennent des douches !). Mais pour le reste, tout le monde est d’accord : l’organisation est au top.

Le Sziget est un savant mélange, une recette qui fonctionne à merveille : il y a des mastodontes mondiaux comme Kasabian, Gramatik, Major Lazer, Kings of Leon, Limp Bizkit, Asaf Avidan… Cette année, c’est Robbie Williams qui a eu l’honneur d’ouvrir les festivités sur la grande scène, devant 80 000 fans.

Une touche balkanique avec par exemple la fanfare de Goran Bregovic.

Un zeste de musique française avec cette année les présences notables de Fauve et Vitalic.

Une petite touche de militantisme. Les Pussy Riots ont participé à une table ronde et plusieurs ONG internationales et hongroises ont leur stand sur le festival.

Un décor magique et transcendant et des zones de repos confortables : Sziget Beach, the Campfire, the Luminarium, the Artzone, the Designzone… Le camping français est simplement superbe (mais il faut apprécier les Français qui sont, de l’avis général, « les plus gros relous du festival »).

Si si, la Hongrie est aussi de la partie

Si l’on peut faire l’éternel reproche au festival de pratiquer des tarifs trop élevés pour les locaux (ceux qui en reviennent se plaignent d’ailleurs de l’augmentation des prix de la nourriture et de la boisson par rapport aux années précédentes), il reste encore bien plus abordable que les autres festivals ailleurs en Europe.

Et la musique hongroise est très présente sur le festival, pour peu qu’on ne se cantonne pas aux scènes principales : le légendaire DJ Palotai, Quimby, les excellents Pécsois de 30Y et de Psycho Mutants, Anima Sound System, Söndörgö, Magashegyi Underground, Péterfy Bori…, et toute une myriade d’artistes locaux peuvent se produire au Sziget devant un public international.

On trouve aussi la culture folk hongroise au village Hungaricum, une porte ouverte sur les traditions locales où les festivaliers peuvent avoir à un aperçu de la Hongrie rurale en goûtant auxproduits locaux et en apprenant les danses traditionnelles avec des profs de danse réputés (Ignác Kádár, Szabolcs Szokolik…) dans ce qui est en quelque sorte une Táncház.

Le directeur du festival, Károly Gerendai, a profité de l’annonce de ces bons résultats 2015 pour fixer le cap pour les prochaines années : « Notre objectif à long terme est de faire en sorte que l’image du festival reste indépendante des grosses têtes d’affiche. […] Nous essayons toujours d’obtenir de bons groupes sur nos scènes, mais nous essayons aussi de faire en sorte que les fans choisissent le Sziget parce que nous offrons de plus : une grande aventure, un séjour culturel, une semaine pleine de surprises positives. Nous ne voulons certainement pas être impliqués dans une dangereuse concurrence pour obtenir têtes d’affiche trop chères ».

Bref, Sziget, on t’aime encore !

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Crédits photo : CSS – Sándor Csudai, _MG – Zsolt Fűrész, HOK_MG – Kristóf Hölvényi, sziget-www.aliyo.hu –Ilia Filin, KAP – Péter Kálló, MOHA – Balázs Mohai, MGB – Gábor Mózsi, MLA – László Mudra, PES – Márton Pesthy, benedek_varga – Benedek Varga / Szigetfestival.com