La Hongrie: terre bénie des hooligans?

La semaine dernière, une rencontre qui opposait Ujpest et le Steaua Bucarest comptant pour le deuxième tour de l’Europa League fut émaillée par de nombreux incidents entre les supporters des deux clubs. Après les violents affrontements de Ferencvaros, il s’agit donc de la seconde fois, en l’espace d’une dizaine de jours, que les hooligans font parler d’eux à Budapest. Et la saison de football 2009-2010 ne fait que commencer…

Les événements sportifs opposant hongrois et roumains sont souvent explosifs. L’UEFA le savait bien et des mesures de sécurité élargies avaient été prévues pour la rencontre entre Ujpest et Bucarest. Cela n’a pas suffit. Dès le début du match, les hooligans de Ujpest entonnèrent des chants nazis afin d’ « exciter » leurs homologues roumains. Un classique depuis quelques mois en Hongrie. A la mi-temps, alors que le score était de 0-0, des fumigènes en provenance du « kop » magyar furent lancés en direction des supporters adverses. Ces derniers, en réponse à ses provocations, jetèrent des sièges sur la police locale. La rencontre reprit finalement avec 20 minutes de retard. Elle se termina par une nouvelle fausse note. Alors que les joueurs regagnaient les vestiaires, un journaliste hongrois en profita pour cracher violemment sur Romeo Surdu, un joueur de Bucarest. La bêtise n’est donc pas seulement l’apanage des hooligans.

Bucarest a remporté cette rencontre (2-1) et s’est qualifié pour le prochain tour de l’Europa League. Au match aller, les roumains avaient également gagné la partie (2-0). La violence avait déjà été présente mais sous une autre forme. Les supporters roumains avaient « juste » déployé une banderole particulièrement humiliante à l’encontre des femmes hongroises. Les fans de Ujpest n’ont donc fait que prendre leur revanche. Ambiance, ambiance…

Alors que l’équipe nationale magyare va beaucoup mieux depuis quelques mois, le football hongrois traverse une crise sans précédent avec cette escalade de violence dans les stades. Si de tels événements venaient à se reproduire, les sanctions pourraient être très lourdes pour la fédération. Il ne faudrait pas que la Hongrie devienne la nouvelle terre bénie des hooligans et des néo-nazis.

Nicolas Gidaszewski