Incitation à la haine : décision incompréhensible de la police

Faute de preuves, la police de Veszprém à mis un terme à son investigation concernant une manifestation de milices d’extrême-droite dans un quartier à population Rom de la ville de Devecser au mois d’août 2012. Un an plus tard, elle vient de conclure que leurs actions n’ont pas constitué une incitation à la haine raciale.

La Betyársereg (l’Armée des brigands) et le HVIM (Mouvement des 64 Comtés) à Devecser le 5 août 2012. (Photo : Nagy Lajos / MTI)

L’été 2012 a été chaud. Décidé à reconquérir son électorat , Jobbik en était revenu aux méthodes qui ont contribué à son succès : battre la campagne avec les bottes de ses miliciens pour protéger la veuve et l’orphelin des « criminels Tsiganes », selon sa terminologie. Près d’un demi-millier de sympathisants de l’extrême-droite avaient assiégé pendant plusieurs heures le quartier rom de la petite ville de Cegléd, 70 km à l’Est de Budapest. Des habitants se sont sommairement armés de couteaux et de bâtons pour parer à toute lacune policière.

Le 5 août, les mêmes « associations citoyennes d’auto-défense » se sont rassemblées dans la petite ville de Devecser pour dénoncer la « criminalité tsigane ». Cette petite ville de quelques milliers d’habitants de l’Ouest du pays tristement célèbre pour avoir été victime de l’accident industriel de l’usine d’aluminium MAL. Très en vue, Laszlo Toroczkai et son organisation des soixante-quatre comtés, le HVIM, déclarant que partout où l’on trouve des Tsiganes apparaissent la dévastation et le chaos.

Après les discours, vint le défilé dans le quartier rom de la ville où des slogans racistes ont retentit – « sales Tsiganes »,  « Vous allez mourir », parmi d’autres – accompagnés de jets de bouteilles, de morceaux de béton et de pierres sur les habitations. [Lire l’article de The Economist].

Le code pénal en vigueur, rappelle le Comité Helsinki, prévoit jusqu’à 3 années d’emprisonnement pour toute incitation à la haine contre un groupe ethnique. En théorie, car dans la pratique judiciaire hongroise, il s’applique de manière très étroite, uniquement lorsqu’il y a une menace évidente et imminente de violence.

Pour la préfecture de police de Veszprém, en ce 5 août 2012 à Devecser, il n’y a pas eu d’incitation à la haine contre la population rom locale. Le Comité Helsinki et d’autres ONG locales ont décidé de déposer une plainte contre cette décision de la police.

Source : Helsinki Bizottsag, The Economist, TASZ