George Soros : « l’Union européenne doit reprendre le contrôle de ses frontières »

Le milliardaire-philanthrope George Soros est sorti de son silence pour démonter les « affirmations fausses et mensongères » de la consultation nationale contre le « Plan Soros » en cours en Hongrie. Il dénonce aussi une campagne qui « attise les sentiments antimusulmans et reprend la rhétorique antisémite des années 1930″.

George Soros a finalement réagi à la campagne du gouvernement qui le cible personnellement depuis plusieurs semaines. Dans un communiqué publié en plusieurs langues – dont le français et le hongrois – sur son site internet ce lundi, l’hommes d’affaires américano-hongrois conteste point par point les sept affirmations « fausses et mensongères » de la consultation nationale lancée par le Fidesz. Ciblant un putatif « plan Soros », le parti de Viktor Orbán dépeint en substance le milliardaire comme  l’instigateur d’un complot ourdi par les forces libérales internationales contre la Hongrie (sic).

Le communiqué souligne que le citoyen George Soros ne suggère plus, comme il l’avait fait en 2015, que l’Union européenne accepte « au moins un million de demandeurs d’asile par an » dans le cadre de la guerre en Syrie [1]Rebâtir le système du droit d’asile, Project Syndicate., mais le nombre de 300 000 réfugiés. [2]Sauver les réfugiés pour mieux sauver l’Europe, Project Syndicate.

A l’opposé de la seconde affirmation de la consultation selon laquelle « George Soros prévoit de démanteler les frontières des membres de l’UE, dont la Hongrie, pour les ouvrir aux migrants », le principal intéressé réaffirme à nouveau que « l’UE doit reprendre le contrôle de ses frontières ». Quant à l’allégation n°6, qui accuse le « plan Soros » de vouloir diluer l’identité européenne (« à reléguer à l’arrière-plan les langues et cultures européennes »), George Soros répond n’avoir jamais fait de déclaration en ce sens.

Selon Georges Soros, la consultation nationale invente un « ennemi extérieur » destiné à détourner l’attention des citoyens hongrois de « la situation désastreuse des systèmes de santé et d’éducation et de la montée de la corruption dans le pays ». Cette campagne médiatique « attise les sentiments antimusulmans et reprend la rhétorique antisémite des années 1930″, écrit-il aussi.

George Soros revendique également dans ce communiqué son oeuvre philanthropique entamée en Hongrie dans les années 80, s’élevant « à près de 350 millions d’euros, sous forme de bourses d’études, de dons aux services de santé et d’actions humanitaires ».

La dernière fois que l’américano-hongrois s’était exprimé au sujet de son pays d’origine, c’était au début du mois de juin lors du Forum économique de Bruxelles organisé par la Commission européenne. Il avait alors vivement critiqué le Premier ministre hongrois, déclarant : « J’admire le courage avec lequel les Hongrois résistent à la tromperie et à la corruption de l’État mafieux qu’Orbán a mis en place. » Cette déclaration avait déclenché l’ire de Budapest.

Le ton monte entre Viktor Orbán et George Soros

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