En Slovaquie, une unité spéciale pour lutter contre l’extrémisme

Après avoir pesté ces derniers mois contre l’immigration, l’Islam et les Roms, voici que Robert Fico dénonce la recrudescence des idées fascistes et négationnistes et s’apprête à lutter contre, concrètement. Dans son viseur, le néonazi Marian Kotleba à la tête de la région de Banská Bistrica.

Le premier ministre slovaque Robert Fico a présenté mercredi une nouvelle unité spéciale de police avec pour objectif de combattre l’extrémisme. Cette unité aura certes pour tâche de surveiller l’essor d’un éventuel extrémisme religieux, mais est principalement centrée sur la recrudescence des actes et propos extrémistes en Slovaquie : elle enquêtera donc sur les délits liés au soutien et au financement du terrorisme et de l’extrémisme, les crimes et expressions de haine, sur Internet et dans la rue. Ce nouveau corps de police sera composé de 125 agents, et sera intégré à la Naka (agence nationale anti-criminalité).




Robert Fico a appelé à une réflexion sur la question, affirmant que la situation, relative à l’extrémisation du pays, a été « sous-évaluée », que l’Histoire avait été oubliée car « personne ne s’attendait à ce que puisse revenir un jour » une vague d’idées d’inspiration fasciste. Il a affirmé que ce phénomène était particulièrement prégnant sur les réseaux sociaux, et dans les groupes qui communiquent sur Internet, où les règles et lois en vigueur sont nulles. Il s’en est pris à ceux qui « font le salut fasciste au Parlement et dans les institutions régionales, et nous entendons quotidiennement des déclarations qui nient les réalités de la seconde guerre mondiale et de l’Holocauste. ». Pour contrer cette épidémie, les paroles ne suffisent plus, a-t-il poursuivi, mais il devient essentiel de mettre en place un système de répression.

Ces propos visent clairement les partisans du LSNS (Notre Slovaquie) de Marian Kotleba, président de Région de Banska Bistrica, dont le parti dispose pour la première fois de 14 sièges au Parlement. Les idées du LSNS sont largement inspirées de Jozef Tiso, président de République Slovaque de 1939 à 1945, ayant mené une politique de collaboration avec l’Allemagne nazie. Ils s’opposent à la minorité rom, aux immigrés, à l’Union Européenne et à l’Otan, rejoignant ainsi les différents partis d’extrême-droite européens.

Ces propos de Robert Fico à l’encontre de la propagation de dérives extrémistes apparaissent toutefois comme paradoxaux : ces derniers mois, le premier ministre n’a eu de cesse de pester contre les immigrés, en refusant la politique de quotas de l’UE, et a continué d’affirmer que la Slovaquie n’avait pas vocation à accueillir de musulmans. Comme un symbole de la différence entre les propos et les actes de Robert Fico, le Parlement a finalement définitivement approuvé mardi, pour la seconde fois après que le Président Kiska, en désaccord, ait renvoyé la loi au Parlement, le projet de loi tendancieux sur les groupes religieux proposé par le gouvernement de… Robert Fico.