En Europe centrale, «le projet de société civile a été dénaturé»

La «société civile» est à la fois une notion éclairant le fonctionnement de nos organisations sociales, mais aussi un levier idéologique puissant faisant partie de l'arsenal traditionnel du soft power occidental. Gautier Pirotte, professeur en socio-anthropologie du développement à l'université de Liège, revient ici sur les enjeux et les évolutions récente de la notion de société civile dans l'Europe post-communiste.

Hulala : Ce concept un peu obscur de «société civile», d'où vient-il et que désigne-t-il ?
C’est un vieux concept issu de la philosophie politique.  Les premiers théoriciens de la société civile sont les philosophes gréco-romains qui cherchaient à connaître les clés d’un développement harmonieux et pacifique d’une communauté. Au sens premier, l’adjectif civil renvoie à « civilisé », c’est-à-dire une société dotée de règles de vie qui harmonisent les rapports sociaux et lui permet de se perpétuer. C’est bien plus tard que des conceptions plus modernes de « contre-pouvoir » ou de tiers secteur (autrement . . .

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