Bill Clinton tacle la Pologne et la Hongrie

Bill Clinton a envoyé une volée de bois vert aux gouvernements hongrois et polonais. Selon lui, les prises de position répétées de Viktor Orbán en faveur d’un modèle démocratique « illibéral » signeraient en réalité le glissement de la Hongrie vers un régime autoritaire proche du modèle russe. Cela augure de relations difficiles si Hillary Clinton remportait la présidentielle américaine en novembre.

Le 13 mai dernier, lors d’un discours de campagne au College of New Jersey, l’ancien président américain a durement attaqué l’évolution récente de la Hongrie et de la Pologne, déplorant en substance que ces anciens modèles de transition crachent dans la soupe de l’Histoire. « La Pologne et la Hongrie – lesquelles ne seraient pas libres sans la longue Guerre froide et le rôle des États-Unis – viennent de décider qu’il y avait trop de problèmes avec la démocratie, et que c’est pour ça qu’il fallait se tourner vers Poutine », a-t-il notamment déclaré durant une réunion en faveur de son épouse, la candidate aux primaires démocrates Hillary Clinton.

Selon le possible futur first Husband des États-Unis, il y aurait tout à craindre d’un axe rapprochant autour d’une rhétorique autoritaire la Russie, les pays d’Europe centrale et, en cas de victoire républicaine… l’Amérique de Donald Trump.

Selon le site hongrois Index.hu, il ne faut pas surinterpréter pour autant cette franche déclaration d’hostilité contre les gouvernements PiS et Fidesz : « 1) l’ex-président est un habitué des déclarations fracassantes ; 2) il est généralement admis qu’en campagne électorale, les politiciens s’expriment avec des mots durs ; 3) Clinton cherchait ici à frapper Trump davantage que les dirigeants polonais et hongrois ». Le journal en ligne regrette par ailleurs l’inconséquence de telles déclarations, dans la mesure où celles-ci ont généralement tendance à renforcer Viktor Orbán dans sa posture victimaire.

Il faut pourtant rappeler que l’hostilité au modèle « illibéral » prôné par Orbán et le chef du PiS Jarosław Kaczyński, est une constante du camp démocrate. Si l’administration Obama s’était déjà émue des errements géostratégiques de la Hongrie – membre de l’OTAN – au plus fort de la crise ukrainienne, les maîtres actuels de Budapest auraient en tout cas en la personne d’Hillary Clinton, une adversaire bien plus déterminée que l’actuel locataire de la Maison blanche.

Enfin, souvenons-nous qu’à l’hiver 2015, le républicain John McCain avait qualifié Viktor Orban de « dictateur néo-fasciste« .

Source : Index.hu

Articles liés :