Cinetrip, la « teuf » thermale de tous les temps

Samedi 2 mai aura lieu la dernière Cinetrip Sparty de la saison indoor, dans les bains thermaux de Rudas. Cette soirée aux origines magyares, toujours plus envahie d’étrangers de tous poils, sera l’occasion de faire un voyage dans le temps fait d’architecture, de sons, de lumières et de bikinis joliment portés.

Le divertissement est inhérent aux bains thermaux et il y est habituellement associé à la relaxation en un comité d’amis restreint. Pour se distraire dans l’eau on connaissait déjà les parcs aquatiques… Mais transformer des bains traditionnels en dance-floors où la techno-house et le v-jing se conjuguent à l’ivresse de centaines de personnes, c’est l’idée originale – vieille de 11 ans déjà – de convier les Budapestois amateurs d’électro dans des bains ottomans du XVIe siècle situés au pied du mont Gellért, sur les rives du Danube.

D’entrée, le hall central des bains laisse place a un bar improvisé, où Superman mixe les tubes funk et pop-rock des deux dernieres décennies. Ici, les gens causent, fument, boivent et dansent sans relâche. Tout ressemble au plus commun des lieux branchés de Budapest, à ceci près que les clients se présentent torses nus, en shorts de bains, en bikinis ou en peignoir pour les plus frileux d’entre eux. Néanmoins, c’est la suite qui choquera bien plus les puristes des coutumes thermales… Autrefois appelé hamam, le mystique bain turc de l’aile droite du bâtiment devient le sanctuaire de la transe orientale, où la promiscuité des individus de sexes opposés, fondus dans un nuage de vapeur, concoure à créer une atmosphere très chaude, pour ne pas dire torride. Vapeur et chaleur humaine ne font alors qu’un et envahissent le dôme dont les colonnes se confondent avec différentes lumières tamisées. Des seaux de plage rappelant l’enfance remplis de cocktails en tous genres jonchent le sol en mosaïque tout autour du bain central.

Rudas, lieu de l’anachronisme festif

A l’autre extrémité de l’édifice se trouve la grande piscine, avec un plafond de plus de 10 mètres de haut et un étage d’où l’on peut observer une jeunesse survoltée jouant puérilement avec ballons et boudins en plastique. Grand contraste avec le calme qui règne habituellement dans l’endroit : la musique est sauvage, un mix de techno et de basses à outrance, et des images qui sont sans cesse projetées tout autour, au rythme infernal imposé par les DJs qui se succèdent. Des lasers viennent aussi traverser de long en large ce lieu mythique, ainsi que la foule en pleine euphorie. Lieu mythique, oui, mais peut être pas autant que la situation elle-même, finalement. Filles et garçons en tenue de bain dansent de façon hystérique, mais paradoxalement, on ne croisera ni les ivrognes vomissant, ni les obsédés agressifs qui courent quelquefois les discothèques à éviter de la capitale. Seule une énergie positive se dégage de tout cela, et l’on s’imprègne de la folie douce d’une rencontre entre le XXIe et le XVIe siècles, dans une fête à la fois extrême et paisible. Il convient enfin de mentionner que Cinetrip Sparty est une soirée qui n’est plus vraiment à la portée de toutes les bourses hongroises : l’entrée est a 5000 HUF en prévente à Merlin, 6000 sur place et la pinte vous coûtera 500 HUF.

François Gaillard