La Vie d’Adèle sur les écrans en Hongrie

Le film du réalisateur franco-tunisien Abdellatif Kechiche qui a reçu la Palme d’or au Festival de Cannes est à l’affiche depuis hier dans les cinémas en Hongrie sous le titre Adéle élete, assorti d’une interdiction aux moins de 18 ans.

La Première s’est déroulée jeudi soir au cinéma Puskin et le film est déjà à l’affiche ce week-end dans plusieurs cinémas de la capitale : Művész, Toldi, Puskin, Uránia., etc. Pour consulter les séances : Port.hu. (Le rôle de Valentin est joué par un jeune acteur du nom de Sándor Funtek).

Une petite polémique avait été déclenchée par le quotidien très conservateur et très proche du gouvernement Magyar Nemzet qui avait titré au printemps dernier : « De la pornographie reçoit la Palme d’or à Cannes » (« Pornográfia kapott Arany Pálmát Cannes-ban »).

Interdit aux moins de 12 ans avec avertissement en France, l’autorité des médias (la NMHH) a décidé d’interdire le film aux moins de 18 ans en Hongrie.

Contactée par HU-lala.org, Háttér, une des principales ONG hongroises de soutien aux homosexuels en Hongrie, estime cependant qu’« Il est de notre conviction profonde que les films à contenu sexuel doivent être évalués selon les mêmes normes, que ce soit hétérosexuel ou homosexuel. Mais le fait que la même interdiction soit en vigueur au Royaume-Uni et en Allemagne fait qu’il est peu probable qu’il y ait des raisons discriminatoires à cela ».

En Europe centrale et orientale, la Hongrie fait partie des pays les plus tolérants envers les personnes LGBT, et c’est celui avec le plus haut niveau de protection juridique, selon l’évaluation de Háttér.

Les partenariats de même sexe ont été reconnus en 1996 et un partenariat de type PACS mis en place en 2009 octroie aux couples de même sexe des droits semblables à ceux des couples hétérosexuels. De même, toute discrimination fondée sur l’orientation sexuelle et tout discours homophobe sont explicitement sanctionnés par la loi.

En revanche, le mariage de même sexe n’est pas légal et la constitution hongroise y a fermé la porte en définissant le mariage comme l’union entre un homme et une femme. Surtout, rappelle Háttér sur son site internet : « [Les personnes homosexuelles] sont victimes de préjugés et de discriminations dans de nombreux domaines de la vie. La plupart d’entre elles décident de garder secrète leur orientation sexuelle auprès de leur famille, de leurs amis et de leurs collègues et il y a très peu de personnalités publiques dans la vie politique ou culturelle [affirmant leur homosexualité] ».

La matrice conservatrice que le parti Fidesz au pouvoir essaie d’imposer au pays – avec plus ou moins de succès – n’œuvre pas dans le sens d’une plus grande acceptation de l’homosexualité. Les programmes scolaires incluent maintenant l’éducation familiale, avec une connotation homophobe, note aussi l’ONG.