Le cinéma d’Europe centrale investit aussi les sections parallèles du Festival de Cannes

Les sections parallèles du Festival de Cannes ont dévoilé leurs sélections il y a quelques jours. La forte présence de films issus des pays d’Europe centrale et des Balkans confirme le regain d’intérêt constaté lors de la sélection officielle.

Cet article vous est offert par l’association Kino Visegrad, site d’information et de diffusion du cinéma centre-européen dans l’espace francophone.

À l’issue de la présentation de la sélection officielle du prochain Festival de Cannes (17-28 Mai 2017), l’heure était au consta suivant : les films centre-européens sont de retour en force sur la croisette. Depuis, deux annonces sont venues confirmer un regain d’intérêt pour les productions est-européennes dans leur ensemble. Fort du prix Sauvage (12e Festival Europe autour de l’Europe, Paris) remis dimanche dernier par István Szabó à la cinéaste bulgare Ralitza Petrova pour Godless / Bezgod (déjà couronnée du Léopard d’Or au dernier Festival de Locarno), c’est toute une génération de cinéastes qui émerge et dont il serait difficile d’ignorer le talent éclatant[1]Lire cet article du Monde à ce sujet.. Et la révélation des programmes parallèles de Cannes n’a fait que corroborer la tendance.

Semaine de la critique

Souvent frileuse à l’égard des productions d’Europe centrale et orientale, la Semaine de la Critique inclut avec timidité, mais non sans courage, un court métrage polonais dans sa sélection compétitive : The Best Fireworks Ever / Najpiękniejsze fajerwerki ever de la cinéaste surdouée Aleksandra Terpińska. Déjà habituée des festivals internationaux, cette ancienne étudiante de l’école de cinéma de Katowice ne pouvait déjà pas laissé indifférents les spectateurs de sa Fête des morts / Swięto Zmarłych ; il avait fait sensation au Festival de Clermont-Ferrand en 2013[2]Lire cet article sur Format court.. C’est non sans impatience que nous attendrons de découvrir son dernier opus, une fiction politique inspirée du Hasard de Krzysztof Kieślowski. Il saura peut-être convaincre le jury de la Semaine de la Critique, présidé cette année par Kleber Mendonça Filho.

N’omettons pas la présence en compétition d’un autre court métrage, celui d’Oliver Adam Kusio intitulé Ela – Sketch on a Departure / Ela – Szkice na Pożegnanie. Entièrement tourné en Pologne et avec des acteurs locaux (Karolina Romuk-Wodoracka, Bartosz Sak, Karolina Porcari et Mikołaj Trzybiński), le film relate les déboires d’une jeune fille dans un village de province. Il s’agit du film de fin d’études de l’allemand Oliver Adam Kusio, réalisé dans le cadre de sa formation l’école de Babelsberg (Hochschule für Film und Fernsehen « Konrad Wolf »). Avant même sa présentation internationale à Cannes, le film a d’ores et déjà reçu le Cavalier d’Or au Festival International du Film de Dresde.

Quinzaine des réalisateurs

Le programme de la Quinzaine des Réalisateurs met quant à lui à l’honneur le cinéaste lituanien Sharunas Bartas, qui viendra présenter en première mondiale le film Frost. Son casting risque d’en étonner plus d’un puisqu’il réunit l’actrice française Vanessa Paradis, l’actrice polono-hungaro-américaine Weronika Rosati et l’acteur polonais Andrzej Chyra. Le retour du maître permettra certainement de réévaluer sa place parmi les cinéastes les plus radicaux de sa génération, cantonné ces dernières années au statut de « Carax de l’Est ».

Notons également la présence, dans la sélection des courts métrages, du film croate Trešnje de Dubravka Turić.

ACID

Mais la plus belle preuve de la vitalité des cinématographiques d’Europe centrale et orientale vient étrangement de la programmation de l’ACID (Agence du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion). Axée généralement sur les productions indépendantes françaises, elle comporte cette année une nouvelle section intitulée ACID TRIP #1, qui mettra à l’honneur la production serbe. L’occasion de porter notre attention sur des portraits glaçants et poétiques d’une région balkanique en mutation. Deux longs métrages en composent la sélection : Requiem for Mrs. J / Rekvijem za gospodju J de Bojan Vuletić (2017) et L’Humidité / Vlaznost de Nikola Ljuca (2016). Cinq courts métrages seront également présentés : Dos Patrias de Kosta Ristić (2017), Transition / Tranzicija de Milica Tomović (2016), Sortie de secours / Izlaz u slucaju opasnosti de Vladimir Tagić (2014), A Handful of Stones / Kamen u ruci de Stefan Ivancić (2017) et If I Had My Way I Would Never Leave / Abdul & Hamza de Marko Grba Singh (2015). Que d’enchantements tragiques en perspective.

Hongrie, Slovaquie et Pologne en force pour le 70e Festival de Cannes

Notes   [ + ]

1. Lire cet article du Monde à ce sujet.
2. Lire cet article sur Format court.