Budapest serait sur le point d’enterrer sa candidature aux JO 2024

Engagée depuis le 19 janvier dernier, la campagne réclamant la tenue d’un référendum sur les Jeux Olympiques à Budapest s’est officiellement achevée ce matin. Le collectif Momentum a déjà annoncé avoir récolté davantage que les 138 000 signatures nécessaires pour que se tienne une consultation municipale sur le sujet.

Budapest – La collecte des signatures pour la tenue d’un référendum municipal sur les Jeux olympiques s’est officiellement terminée à 12h. Le mouvement Momentum (« Élan ») a annoncé avoir réuni le soutien de 139 000 Budapestois lors d’une campagne qui a duré 28 jours. Si les signatures collectées sont déjà au-dessus du seuil légal de 138 000 parrainages pour contraindre la municipalité à la tenue d’une consultation, leur nombre pourrait encore augmenter de manière significative avec les récoltes effectuées par d’autres organisations. En effet, le parti écologiste LMP a également transmis 23 000 signatures collectées par ses militants, tandis que les partis Ensemble (Együtt) et Dialogue (Párbeszéd) ont livré quelques 10 000 signatures supplémentaires samedi dernier.

Le collectif espère pouvoir présenter un total de 200 000 signatures, celles-ci seront envoyées au Bureau des élections de la capitale (FVB), qui aura 45 jours pour vérifier que les signataires sont bien tous résidents à Budapest. C’est là que la quantité est amenée à diminuer car le Bureau invalidera sans doute un certain nombre de signatures, d’où l’importance pour les partisans d’un référendum de bénéficier d’une marge confortable. Le collectif n’a en tout cas pas ménagé sa peine, organisant des points de collecte dans plusieurs pays et dans de nombreux lieux de passage à Budapest.

David contre Goliath

Les conservateurs du Fidesz au pouvoir n’attendront peut-être pas la fin du processus de validation des signatures pour annoncer le retrait de la candidature de Budapest auprès du Comité olympique, croient savoir plusieurs médias locaux. Le porte-parole du Premier ministre, János Lázár, s’est employé hier lors de sa conférence de presse hebdomadaire à préparer ce qui ressemble à une sortie de route maîtrisée pour la capitale hongroise : « Nous sommes désavantagés (…) C’est une bataille entre David et Goliath » a-t-il affirmé en comparant les candidatures de Paris et Los Angeles à celle de Budapest.

À un peu plus d’un an des élections législatives, le Fidesz agit en terrain miné. Quelle que soit l’issue du processus de validation des signatures par le FVB, le mouvement hostile aux Jeux Olympiques comporte pour lui le risque de se transformer en catalyseur d’une gronde contre le pouvoir en place. Selon le quotidien conservateur Magyar Nemzet, le parti gouvernemental serait tenté de louvoyer pendant les prochaines semaines le temps que le soufflet retombe, puis se prononcera en fonction de l’évolution du contexte, et du sens du vent.

Yohan Poncet