Budapest between the lines

Benoît Braban est un photographe français de trente ans originaire de la région de Tours. Visiteur régulier de Budapest, il y a réalisé une série de photographies intitulée sobrement Between the lines (« entre les lignes »). Entretien.

(c) Benoît Braban
(c) Benoît Braban
Tu as intitulé cette série « Between the lines ». Qu’as-tu cherché à montrer à travers ces « lignes » ?

Ce qui m’intéresse c’est le « rythme » de l’image de par les lignes, les cassures, les couleurs. Sur cette série, la démarche était la suivante : me balader dans la ville à la recherche de ce rythme. Entre ces lignes, je pense que j’essaye de donner à voir la situation de Budapest et de la Hongrie de manière générale, en particulier par l’aménagement urbain, lequel n’a pas encore complètement la standardisation que l’on peut voir à l’Ouest. On sent à Budapest que quelque chose est en mutation. La scène du Burger King devant le terrain vague, avec ces vieux réverbères que j’apprécie tant, en est certainement une belle illustration.

(c) Benoît Braban
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(c) Benoît Braban
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Est-ce que Budapest est une ville qui se laisse facilement prendre en photo selon toi ?

Tout à fait. Il y a des choses intéressantes dans chacune des rues. Alors que Budapest est connue pour son monumentalisme, pour le coup je me sens plus attiré par des choses qui font davantage partie du quotidien. Au moment de mes tribulations dans les rues de la ville, il y avait assez peu de monde, car j’allais dans des quartiers qui ne font pas partie du centre historique. Dans ces espaces, j’ai trouvé un intérêt dans la manière dont les installations – agencement des rues, barrières, mobilier urbain – rythment l’image.

Pourquoi contourner ces quartiers historiques ?

C’est simple. Je voulais parfaire ma connaissance de la ville en déambulant sans but précis ni destination. Quand j’évoque la standardisation, c’est vrai qu’on la retrouve dans certains quartiers, notamment là où se trouve le grand H&M, la pâtisserie Gerbault, etc. C’est un paysage aseptisé que je pourrais retrouver un peu partout en Europe. Il y règne quelque chose d’assez froid, robotique, normé, qui ne m’attire pas vraiment.

(c) Benoît Braban
(c) Benoît Braban
On reconnait beaucoup de clichés pris dans le huitième arrondissement. Où est-ce que tes tribulations t’ont mené ? Qu’est-ce qui te faisait aller dans telle ou telle direction ?

Au-delà du grand boulevard de toute façon. Il y a dans ces photos des clichés pris dans troisième arrondissement sur Buda, mais aussi dans les sixième, treizième, quatorzième et dixième arrondissements sur Pest. Je ne me déplaçais pas qu’à pied ; les transports publics ont eu une réelle influence car ce sont eux qui connectaient ces différents points. J’étais accompagné de ma compagne. A chaque arrêt où nous descendions, nous partions un peu au hasard sans trop savoir sur quoi nous allions tomber. Il me reste du travail pour découvrir l’ensemble de la ville.

(c) Benoît Braban
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A ce propos, projettes-tu de continuer ce travail sur Budapest ?

Tout à fait, sans trop savoir si c’est pour prolonger ce thème ou pour y réaliser d’autres séries. En ce moment, j’essaye de travailler davantage avec les lumières de la nuit. J’aimerais également pouvoir intégrer davantage les Budapestois la prochaine fois.

(c) Benoît Braban
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