Amnesty demande la libération d’un Syrien condamné pour terrorisme en Hongrie

Amnesty International vient de lancer une pétition en ligne afin d’obtenir la libération d’Ahmed Hamed, condamné à dix ans de réclusion pour « acte de terreur » lors d’une émeute en septembre 2015 à la frontière serbo-hongroise.

Le tribunal de Szeged, dans le sud de la Hongrie, a jugé Ahmed Hamed coupable d’« acte de terreur » à la fin du mois de novembre dernier. A tort, selon l’ONG qui précise que ce jugement en première instance a été rendu au titre d’une législation hongroise relative à la lutte contre le terrorisme, dont elle estime que « les termes sont extrêmement vagues ».

Comme nous le racontions peu après sa condamnation, l’histoire d’Ahmed Hamed est tout à fait singulière puisque celui-ci n’est pas un « migrant », mais résidant depuis de nombreuses années à Chypre, qu’il avait quitté pour aider sa famille fuyant la Syrie à se réfugier en Allemagne.

Concrètement, la Justice hongroise lui reproche d’avoir jeté trois pierres en direction des forces de l’ordre pour forcer le passage de la frontière hongroise lors d’une émeute le 16 septembre 2015, soit le lendemain de la fermeture par Budapest du rideau de barbelés sur la frontière Schengen entre la Hongrie et la Serbie.

Amnesty espère obtenir 15 000 signatures pour cette pétition.

Des législations « orwelliennes »

Amnesty réclame également à la Hongrie de mettre fin à « l’utilisation abusive » de ses lois antiterroristes et d' »arrêter de faire des déclarations qui établissent un lien entre les migrations et le terrorisme« .

L’ONG vient aussi de publier un rapport très critique sur les législations pour lutter contre le terrorisme de plusieurs pays européens : « Antiterrorisme en Europe : des lois orwelliennes« . Concernant la Hongrie, Amnesty critique le « sixième amendement » à la Constitution promulgué en juin 2016 qui définit une « situation de menace terroriste » trop vague selon l’ONG et qui instaurerait un régime d’exception restreignant le droit à la liberté d’association et de rassemblement pacifique, le droit à la vie privée et le droit de circuler librement.

Un Syrien condamné pour l’exemple en Hongrie ?