À Dunaújváros, la division à gauche profite au Fidesz

Ce dimanche s’est tenue une élection locale partielle à Dunaújváros, provoquée par la démission du conseiller municipal Fidesz Roland Gál en mars dernier. Alors que la gauche avait de sérieuses chances de récupérer ce siège au sein d’une assemblée municipale dominée par la droite, sa division l’en a empêchée.

Il ne s’agissait assurément pas de l’enjeu électoral du siècle, tant l’élection partielle d’hier à Dunaújváros ne portait que sur le remplacement d’un membre démissionnaire de l’assemblée municipale. Chaque conseiller étant élu par quartier, le scrutin ne concernait même pas tous les électeurs de cette ancienne «ville socialiste modèle», autrefois bastion du MSzP. Pourtant, la victoire de la candidate Fidesz, Fruzsina Lassingleitner, a été précédée d’une agitation peu commune de la part des états major des partis, MSzP et DK en tête. Le premier refusant de se ranger derrière le second, la querelle fratricide n’a pu être évitée. Sentant les bénéfices qu’il pouvait tirer d’une telle division de son opposition, Viktor Orbán n’a pas hésité à s’impliquer personnellement dans la campagne, en promettant la semaine dernière près de 20 milliards de forints d’investissement public au service du développement de la ville.

Alors que le MSzP était persuadé de devancer DK, né d’une dissidence autour de l’ancien premier ministre Ferenc Gyurcsány, il se fait littéralement humilier en arrivant, avec 97 voix, quatrième derrière le Jobbik (199 suffrages). Avec 241 électeurs, DK parvient donc tout juste à se hisser à la deuxième place derrière le Fidesz (405 voix), lui permettant à la fois de marquer des points sur le leadership à gauche et de montrer qu’il peut mobiliser davantage que l’extrême-droite. Avec 84 votants, le parti écologiste de gauche PM montre quant à lui sa difficulté à s’installer en province, alors qu’il dispose d’une solide assise à Budapest. Alors que le Fidesz a essuyé de notables défaites lors de plusieurs scrutins partiels, cet embrouillamini au sein de la gauche a permis à peu de frais à Viktor Orbán de laver ces affronts.

Source : Népszava