« Grosse salope », « Sale Juif »… : le fichage selon le syndicat étudiant HÖK

Les principaux médias hongrois (d’opposition et pro-gouvernementaux) ont rapporté mardi que le syndicat étudiant (HÖK) de la faculté des lettres de l’université ELTE a établit des listes d’étudiants selon leurs origines ethniques et leurs préférences politiques et religieuses. Il a été suspendu par le recteur.

La liste établie en 2009 comprend les noms de 600 étudiants aux côtés desquels est notée l’orientation politique, évaluée par une lettre (a,b,c,d…), et des commentaires, dont la plupart sont sexistes – les membres du HÖK auraient consulté les profils Facebook et Iwiw des nouveaux étudiants – et parfois à caractère raciste : « bon catholique, conservateur », « grosse salope », « probablement tzigane », « sale juif »…

Le vice-président du HÖK de l’époque, Silhavy Máté, a reconnu être l’auteur de ces listes, tout en niant énergiquement avoir écrit ces commentaires. Pour sa défense, Silhavy affirme que de nombreux étudiants ont eu accès au fichier Excel et que quelqu’un s’est probablement amusé à passer plusieurs heures à rajouter des commentaires à d’anciennes listes. Notons que Silhavy est depuis devenu un membre très actif du parti Jobbik.

Naturellement le HÖK-BTK nie toute responsabilité et accuse ATV, la chaîne d’information de gauche de tenter de les discréditer. ATV est connue pour être relativement peu objective, mais plusieurs médias de droite ont également confirmés l’information.

Jobbik – qui vient de réitérer son appel à recenser les députés possédant une double nationalité au parlement –  a dénoncé un complot avant de prendre ses distances avec le syndicat. Sa jeune député Dúró Dóra a déclaré dans le « Magyar Hirlap » que « Jobbik n’acceptait pas que les gens soient listés selon leurs origines ethniques et raciales« .

Le HÖK – BTK a été suspendu par le recteur mercredi. Les syndicats étudiants hongrois sont financés par le gouvernement (au moment des faits, en 2009, par le gouvernement socialiste), et sont en général peu appréciés de la majorité des étudiants et ont la réputation d’être corrompus et à la botte du pouvoir.

Jobbik, le 1er parti des étudiants

Les partisans de Jobbik sont nombreux au HÖK de la faculté des lettres d’ELTE, mais pas seulement. Selon une étude publiée samedi par AFM, un tiers des étudiants (universités et hautes écoles) se dit prêt à voter Jobbik en cas d’élections. En deuxième position se trouvent les libéraux-verts du LMP avec 29%, la Fidesz n’arrive qu’en troisième positions avec 24% et finalement le MSZP et DK ferment la marche avec respectivement 7% et 5%.

La faculté des lettres d’ELTE est également le principal foyer de contestation contre les réformes de l’éducation supérieure voulu par le gouvernement. Depuis plusieurs jours, des militants du réseau étudiant (Hallgatói Hálózat – HaHa) – dont la crédibilité est actuellement en chute libre – occupent une des salles de l’université et ont organisé hier une manifestation… qui n’a pas rassemblé grand monde.

De nombreux professeurs d’ELTE sont également opposés aux réformes, un réseau enseignant (Oktatói Hálózat) a également été créé. Le HÖK – BTK ne semble pas apprécier le soutient de certains enseignants aux étudiants protestataire, le syndicat a donc appelé le rectorat a prendre des mesures contre les enseignants en question. Mardi matin, le rectorat a refusé de prendre en compte la demande du HÖK.

Sources : HVG.hu, MNO.hu, TV2, btkhok.elte.hu, barikad.hu

Vincent Baumgartner