Vue de France, la Hongrie n’est pas très belle

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’image de la Hongrie à l’étranger n’est pas reluisante, et même franchement désastreuse : elle est globalement celle d’un « pays de l’est », rétrograde et où sévissent des milices fascistes. Pour preuve, ce petit reportage du journal télévisé signé France 2, diffusé dimanche 24 avril. [Conseil de la rédaction : essayer de faire abstraction de l’insupportable prononciation des noms hongrois].

Depuis un an, la Hongrie n’a fait parler d’elle à l’étranger que par la percée de son extrême-droite aux législatives d’avril 2010, la catastrophe de la boue rouge au début du mois d’octobre, puis la loi sur les médias en ce début d’année. Beaucoup plus récemment, ce sont bien sûr les désormais fameuses « chasses aux Roms » qui ont naturellement mobilisé l’attention médiatique, sur fond de réforme constitutionnelle. « Naturellement », car le thème de l’extrême-droite est d’ordinaire très vendeur. Si en plus de sa réalité, il donne lieu, comme c’est le cas ici, à des documents aussi télégéniques que les images d’archives des années 30 – 40, c’est une aubaine.

Beaucoup de Hongrois regrettent cet état de fait, car, contrairement à leurs dirigeants semble-t-il, ils se soucient de leur image internationale. La Hongrie ne fait pourtant pas l’objet d’un traitement médiatique particulier. Un Français en Europe centrale et de l’Est peut, par exemple, encore facilement vérifier, plus de cinq ans après, les effets sur l’image de la France qu’ont eu les émeutes dans les banlieues parisiennes en 2005 et leur traitement médiatique catastrophiste.

Mais la vraie différence entre les deux, c’est que les Hongrois ont l’occasion de connaître et d’imaginer la France et les autres pays occidentaux sous d’autres facettes culturelles . Alors que de l’autre côté, on trouve surtout de la méconnaissance et de l’indifférence vis-à-vis de la Hongrie.