Vous avez dit fichage électoral ?

En France, dès le lancement des primaires du Parti Socialiste fin juin, l’Union pour un Mouvement Populaire a dénoncé un  « fichage électoral » de la part de l’opposition. En Hongrie au même moment, le gouvernement attendait les réponses des citoyens hongrois à des questionnaires qu’il leur avait envoyé un peu plus tôt. Une démarche qui a posé problème au médiateur chargé de l’information et de la protection des données personnelles M. András Jóri, puisque ces questionnaires d’opinion, qui portent sur des thèmes de société, reccueillent aussi des données personnelles.

Le gouvernement Orban ne s’en cache pas. Il a besoin des données personnelles des Hongrois, pour pouvoir ensuite consulter les électeurs dans d’autres domaines. Mais ces informations sont-elles en lieu sûr ? Une « guéguerre » a pris forme entre le gouvernement et András Jóri suite aux déclarations de « l’ombudsman », selon lesquelles le gouvernement pourrait porter atteinte aux droits et à la protection des données personnelles avec ces questionnaires. Depuis début mai, huit des dix millions de Hongrois ont reçu un questionnaire. Fin juin, plus de 1.700.000 ont été rendus remplis au gouvernement.

András Jóri dit n’avoir jamais été d’accord avec ce projet, qui par ailleurs n’a pas donné lieu à véritable consultation. C’est le porte-parole du premier ministre, Péter Szijjártó, qui a réagi le premier à cette annonce avec son style habituel : « Malheureusement, nous devons supposer que la lettre de Monsieur Jóri a des motivations personnelles car la nouvelle loi fondamentale prévoit un seul ombudsman au lieu de quatre auparavant. Il est probable que Monsieur Jóri s’inquiète pour sa carrière personnelle. » Inquiet ou pas, il a démissionné depuis. Et voila qui est clair dans la bouche de Szijjártó : la nouvelle Constitution est bien celle d’un Fidesz tout-puissant, qui réduit les contre-pouvoirs comme il l’entend.

Dans un style plus démocrate, le porte-parole d’Orban a ajouté que les dirigeants de Közigazgatási és Elektronikus Közszolgáltatások Központi Hivatala (KEH KH) – l’administration qui gère les services publics électroniques -, nommés par le gouvernement, n’ont pas soulevé ce problème de protection des données personnelles au cours de leurs réunions de négociations avec le Bureau de l’Ombudsman.

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