Viktor Orbán, que Dieu lui vienne en aide

N’y a-t-il que les prières qui puissent encore sauver le 1er ministre hongrois ? Des personnes se sont rassemblées mardi pour une prière collective à Budapest. Une manifestation de leur soutien à Orbán, « spontanée » selon l’agence MTI, mais pas si sûr…

Szent-IstvanMardi, des retraités enthousiastes ce sont réunis devant l’opéra pour affirmer leur soutien indéfectible au gouvernement et prier pour leur « Viktor bien-aimé », répondant à l’appel du maire de Csepel (le XXIème arrondissement de Budapest), Szilárd Németh qui, on l’aura compris, appartient au groupe Fidesz-KDNP (les chrétiens-démocrates).

« L‘opposition a de nouveau lancé une attaque brutale contre Viktor Orbán. Chacun combat avec ses propres armes. Battons-nous aussi ! Récitons le plus de fois possible une prière de bénédiction pour Viktor Orbán », pouvait-on lire le jour précédent sur la page officielle de la mairie, csepel.hu. Szilárd Németh a aussi recommandé à ses partisans de diffuser cette prière au plus grand nombre.

Les retraités qui, comme le relève amusé Népszabadság, « n’avaient rien de mieux à faire », étaient bien moins nombreux que les manifestant anti-gouvernementaux du 2 janvier. Par ailleurs et ce n’est pas un détail, il a été découvert que les manifestants, munis de la seule pancarte « le peuple aux côtés du gouvernement », ont été réuni par la chaîne de télévision conservatrice Écho TV,  contrairement à ce qu’affirmait une dépêche de l’agence de presse hongroise MTI selon laquelle il s’agit d’une action spontanée.

Malheureusement cette prière n’a pas eu beaucoup d’effet à ce jour. Selon un sondage de l’Institut Ipsos paru le 12 janvier, la cote de la Fidesz serait tombée à 16% en décembre dernier. Á l’heure actuelle 57% des électeurs hongrois se détournent des partis et 84% des personnes interrogées pensent que le pays va dans la mauvaise direction. En outre, le sondage relève que l’opposition est incapable de profiter de l’effritement de la Fidesz : sur une note de 1 à 100, les sondés ont noté également la Fidesz et l’opposition, 19 chacun.

Vers quoi les ardents militants de la Fidesz vont-ils se tourner si l’effritement se poursuit et pour arracher leur Viktor des griffes du FMI et de l’Union européenne ? Le chamanisme ? La sorcellerie ? Ou, qui sait, pourrons-nous assister un jour à des sacrifices d’animaux sur la place Kossuth !

Sources : NOL, csepel.hu, HVG

Vincent Baumgartner

Étudiant

Collaborateur occasionnel de Hulala. Étudie à l'Institut de hautes études internationales et du développement (Genève)