Une taxe qui a du chien !

Une fois de plus, le gouvernement hongrois fait preuve d’une imagination sans limites dès lors qu’il est question… d’impôts. Après s’être attaqué aux aliments nocifs avec le fameux ”impôt hamburger”, ce sont nos amis à quatre pattes qui sont dans la ligne de mire.

Toto dans les bras de Poutine : Ce n’est pas un bâtard ! (Crédit : EPA)

Le parlement a accepté à la mi-novembre la modification de la loi de 1998 sur la protection des animaux. Cette modification permettra désormais aux municipalité de lever un impôt sur les chiens. La somme que devront débourser les maîtres pour leurs toutous se montera en moyenne à 6000 forint par an mais pourra grimper à 20.000 HUF pour les races plus dangereuses.

Selon un vétérinaire interrogé par Index.hu, cela pourrait entraîner l’abandon de nombreux chiens et les villes hongroises pourraient se retrouver envahies par les chiens errants d’ici quelques années, comme c’est déjà le cas en Roumanie et en Ukraine.

Mais rassurons-nous, car dans sa croisade pour la protection des valeurs traditionnelles et du patrimoine historique hongrois, la Fidesz a décidé que les races hongroises ne seront pas taxées. Ceci épargnera donc les races de chiens originaires de l’ex- « Grande Hongrie » qui trottaient peut-être déjà aux cotés des farouches guerriers nomades magyars en 896 : vizsla, puli, pumi, kuvasz, komondor…

Notons que la race prime sur la dangerosité : les kuvasz – qui ne seront pas taxés – sont une des races responsable du plus grand nombre de morsures en Hongrie. Dangereux peut-être, mais hongrois avant-tout !

De plus la définition des races « à risques » est également un peu bizarre car sont considérés comme dangereux les chiens qui « par leur état physique ou psychique présentent le risque de causer des blessures ». Les municipalités vont-elle mettre en place des psychiatres pour évaluer l’état psychique des chiens ?

En revanche, ne soyons pas de mauvaise foi, une vengeance personnelle d’Orbán envers Gyurcsány pour expliquer cette taxe absurde est à exclure : Toto, le chien de l’ancien 1er ministre, est un puli tout ce qu’il y a de plus hongrois !

Sources : Index, HVG

Vincent Baumgartner

Étudiant

Collaborateur occasionnel de Hulala. Étudie à l'Institut de hautes études internationales et du développement (Genève)