Sur les traces de la Hongrie d’Orbán, la démocratie souveraine à la polonaise (4/5)

Relevons que la rhétorique de la démocratie souveraine, qu'il serait tentant de rapprocher du modèle développé en Russie à partir des années 2000, trouve en Pologne des racines inattendues compte tenu du profil très anti-communiste du PiS.
La Constitution de 1952 de la République populaire de Pologne disposait en effet que « l'organe suprême des autorités de l'État est la Diète […]. En tant qu'expression suprême de la volonté du peuple travailleur des villes et des campagnes, elle donne corps aux droits souverains de la nation […], vote les lois et contrôle le fonctionnement des autres pouvoirs et de l'administration d'État » (art. 15).

À cette ressemblance formelle, il convient d'ajouter un autre parallèle relevant de la pratique du pouvoir. Les démocraties populaires d'Europe de l'est se caractérisaient par une structure politique duale avec l'État d'un côté et de l'autre, le parti communiste qui détenait la réalité du pouvoir. C'est pourquoi, de cette époque, on se souvient davantage des premiers secrétaires des partis que des présidents . . .

Eugène Chapelier