Sur Margit híd, les automobilistes peuvent toujours courir

Cela fait maintenant plus d’un an que le Margit híd («pont Marguerite») de Budapest est fermé à la circulation  pour rénovation. Un véritable casse-tête pour la régulation du trafic en ville, et une raison de plus à la mauvaise réputation du BTP hongrois. Au fur et à mesure des annonces, on ne sait jamais quand il sera praticable autrement qu’en tramway ou à pieds. La semaine dernière encore, le consortium en charge des opérations continuait de jouer la montre. Pour les Budapestois, pas besoin de s’interroger sur les méandres du projet, ni sur son atermoiement, pour savoir qu’on les fait marcher.

Selon le délai initial, Margit híd aurait dû être ouvert à la circulation motorisée en début de semaine, lundi 23 août. Toutefois, l’entreprise chargée des travaux de rénovation avait elle-même annoncé, en février dernier, que le trait d’union nord du Nagykörút entre  Pest et Buda ne serait ouvert aux automobilistes qu’à la fin octobre. Elle vient d’annoncer que cela ne sera possible qu’à la fin de cette année, au plus tôt. Globalement, l’aboutissement du projet pourrait encore prendre une année de plus.

D’après le portail d’informations origo.hu, qui propose une galerie de photos de l’état actuel du pont (voir un extrait ci-contre), les travailleurs n’en sont maintenant qu’au rebétonnage de la route sur la partie sud du pont. A la décharge des constructeurs, la décision de rénover, et non de détruire pour reconstruire, aurait été prise pour conserver les ornements historiques de l’édifice.

Pour le bonheur des cyclistes, qui eux aussi n’en peuvent plus d’attendre pour pédaler tranquillement entre Pest et Buda (l’accès au trottoir d’Erzsébet híd étant trop dangereux, et Lanchíd étant trop étroit pour circuler d’un côté avec les véhicules, de l’autre avec les piétons), le nouveau pont Marguerite sera 3 à 5 mètres plus large que l’original.

Chronique d’un imbroglio politico-financier

A la suite d’un contentieux juridique qui avait déja retardé le début des travaux, la ville de Budapest a signé un contrat avec le consortium Mh 2009 (Hídépítö-Strabag-Közgép) pour qu’il se mette au travail à partir du 10 août 2009. Mais les travaux n’ont effectivement commencé que le 21 août. Cet hiver, en raison de conditions météo rudes, la rénovation a encore pris un retard de plusieurs semaines.

Pour justifier au moins quatre mois de retard, Miklós Németh, directeur du consortium, s’est appuyé sur la météo et sur le cafouillage de départ de la municipalité quant aux plans d’exécution des travaux. Il en a profité pour réclamer 740 millions de forints supplémentaires, qui ont été refusés par le Conseil municipal en juin dernier. Auparavant, à la fin de l’année dernière, le bureau du procureur avait déjà lancé une enquête criminelle contre X pour éclaircir la mauvaise gestion des fonds du projet. En clair, il soupçonnait déjà une vaste affaire de détournement de fonds.

Enfin, Origo rapporte que, selon l’Assemblée générale des investissements, la culpabilité dans ce fiasco de gestion n’incomberait pas seulement au consortium. Dans un rapport d’enquête qu’elle a commandé sur la direction des opérations, il est mentionné que les responsabilités ne sont pas clairement définies dans cette affaire. Les délais pour la mise en service du pont auraient eux-aussi été erronés, et cela serait dû à des pressions politiques dès le départ. Quant au coût total du projet (20,6 milliards de forints), le rapport montre que les frais d’ingénierie auraient été mal estimés. sous influence politique, d’où une mauvaise préparation du plan original.

Articles liés :

1 commentaire
  1. si y avait pas eu le metro 4 avant, on aurait presque pu etre etonne, mais a ce stade ca devient plus qu’une habitude…

Répondre

Votre adresse email ne sera pas publié.

Vous devez utiliser ces codes et attributs HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>