La popularité du Fidesz continue de croître

Un sondage réalisé par l’institut de recherches en sciences sociales TÁRKI indique que la popularité de la coalition chrétienne-conservatrice au pouvoir a augmenté tout au long de l’année. Elle est toutefois à relativiser nettement si l’on prend en compte les 40 % d’électeurs qui n’approuvent aucun des partis parlementaires.

La cote de popularité du Fidesz-KDNP était plus solide à l’été qu’au printemps, et plus solide cet automne qu’à l’été. Le taux d’approbation du Fidesz est passé de 30 % à 32 % de juillet à octobre parmi l’ensemble de l’électorat, incluant les abstentionnistes. Parmi les électeurs décidés à voter, il dépasse même la majorité absolue, avec 54 % d’approbation contre 49 % en juillet.

Sur la même période, la popularité du Jobbik (extrême-droite) a lourdement chuté, de 14 % à 10 %, parmi l’ensemble des électeurs et de 22 % à 17 % parmi les électeurs décidés à prendre part à un éventuel scrutin.

A gauche, le parti socialiste (MSzP) talonne le Jobbik avec 15 % d’approbation parmi les électeurs décidés à voter. Seule la Coalition démocratique (DK) de l’ancien Premier ministre socialiste Ferenc Gyurcány dépasserait aussi le seuil des 5 % nécessaires pour décrocher des sièges au parlement en cas d’élections. Les médiocres résultats enregistrés par le parti Une autre politique est possible (LMP), Dialogue pour la Hongrie (PM) et Ensemble (Együtt) devraient donc les pousser dans  le sens d’une coalition en vue des législatives 2018, leur seule chance de se maintenir au parlement. Des négociations ont d’ailleurs débutées la semaine dernière, auxquelles seul le LMP refuse à ce jour de prendre part, préférant jouer sa partition en solo.

L’abstention tenace. Constat majeur à ne pas omettre : 40 % des personnes interrogées n’ont exprimé d’approbation pour aucun des partis politiques ! L’enjeu pour ces derniers va donc être d’aller puiser dans ce réservoir d’électeurs qui se sont détournés durablement de la vie politique du pays.

Vers des élections anticipées ? Cette éventualité inquiétait grandement le Jobbik et le MSzP à la veille du référendum du 2 octobre. Le parti du Premier ministre Viktor Orbán avait balayé cette hypothèse, mais il pourrait être tenté de convertir ce regain de popularité dans les urnes et espérer retrouver la majorité parlementaire des deux-tiers qui lui fait défaut depuis plusieurs mois. Cela place le parti en position de faiblesse vis-à-vis du Jobbik et l’oblige par exemple à lui faire des concessions en échange de son soutien pour faire passer un amendement à la Constitution sanctuarisant l’immigration – y compris l’accueil de réfugiés – comme la compétence exclusive de l’État.

Le sondage a été mené du 14 au 23 octobre auprès d’un échantillon de 1007 individus représentatifs de la population adulte résidente en Hongrie.

Taux d’approbation dans l’ensemble de l’électorat :

sondage-1

Taux d’approbation en retranchant les abstentionnistes :

sondage-2Source : TÁRKI