Les Roms en Hongrie, des terroristes en devenir ?

Ce n’est pas ce qu’a dit le ministre hongrois de la Justice, mais celui-ci a tout de même lié la question de l’intégration des Roms hongrois à celle du radicalisme islamiste. 

Les Roms sont décidément des victimes collatérales du climat de xénophobie imposé en Hongrie depuis le début de l’été par le gouvernement Fidesz-Kdnp en réponse à la crise migratoire. Budapest explique ainsi à ses partenaires européens ne pas pouvoir accueillir de réfugiés car la Hongrie doit déjà composer avec le « fardeau » représenté par la minorité rom.

Participant à une conférence européenne sur les dangers de la radicalisation (islamiste, on présume) la semaine dernière, le Ministre de la Justice, M. László Trócsányi, a considéré que, étant défavorisés, les Roms hongrois pourraient être sujets à la radicalisation.

Non, M. le Ministre n’a pas mis en garde contre le fait que les Roms de Hongrie pourraient se transformer subitement en djihadistes ! C’est ce qu’avait conclu un peu trop vite le site Euobserver.com ! Mais tout de même… pourquoi faire le lien entre ces deux questions ? Les Roms sont-ils susceptibles de sombrer dans la propagande islamiste ? Cela parait parfaitement absurde, à ce jour, et c’est en tout cas dénué du moindre fondement, comme l’a admis après coup le gouvernement.

« Je voudrais attirer l’attention sur un autre aspect du problème dont nous n’avons pas parlé jusqu’à maintenant. Le radicalisme peut atteindre d’autres groupes. En Europe il y a 10 à 12 millions de Roms. Durant la présidence de la Hongrie nous avons consacré beaucoup d’effort à la stratégie [cadre européenne] pour l’intégration des Roms. Nous pensons que c’est une question très importante. [Nous avons affaire à] une communauté de 12 millions de personnes en Europe qui est à la traîne et dont l’intégration est très importante car elle peut être victime de la radicalisation. J’aimerais vraiment espérer que la Commission européenne accorde une attention particulière au programme d’intégration des Roms. »

M. Trócsányi a toutefois raison sur ces points : de l’avis général (et de celui de la diplomatie française), la présidence hongroise de l’UE en 2011 avait beaucoup fait pour faire avancer le programme européen d’intégration des Roms.

De même, on ne peut pas exclure que la situation socio-économique désastreuse dans laquelle est empêtrée une partie des Roms en Europe donne naissance dans le futur à des mouvements violents.

En Hongrie, des Roms aussi veulent leur milice