Petit à petit, le nettoyage social des rues de Budapest se poursuit

Dimanche dernier, le référendum organisé dans le huitième arrondissement de Budapest concernant la lutte contre la présence des clochards dans le quartier n’a pas pu être validé faute de participants assez nombreux. Ainsi, les autorités locales sont légitimement compétentes pour interdire de fouiller dans les poubelles et de squatter l’espace public. Vendredi, on apprenait que fin décembre, faire la manche ou vendre à la sauvette dans le trafic et les bouchons deviendrait aussi illégal.

Moins de 10 000 électeurs se sont déplacés pour voter, soit seulement un sixième des inscrits sur les listes de l’arrondissement. Il en aurait fallu au moins la moitié pour que le référendum soit valide, mais de toute manière, la grande majorité de ces personnes ont plébiscité les trois propositions du maire local, le jeune Máté Kocsis. Outre les deux premières propositions, qui visaient à faire la chasse aux clochards qui auraient un comportement « dérangeant », le maire appelait également à l’appui de ses administrés pour se tourner vers le Conseil municipal de Budapest quant à l’amélioration des conditions d’hébergement des SDF.

Le décret concernant l’interdiction de fouiller les poubelles datait du 1er janvier de cette année, mais cet été, le médiateur de la République aux droits civiques, Máté Szabó, avait critiqué publiquement cette décision, la jugeant « disproportionnée ». Kocsis a alors décidé d’organiser ce vote.

Un pare-brise propre en 2012

Peu avant le référendum, dans une note postée vendredi sur le site du ministère de l’Intérieur, le ministre Sándor Pinter a annoncé qu’à partir de la fin décembre, il sera interdit de faire la manche et de commercer entre les voitures attendant aux feux rouges de la capitale. En 2012, il ne devrait donc plus être question d’acheter le journal des clochards, d’offrir des fleurs à sa passagère de façon impromptue, ou d’avoir le pare-brise souillé dans les bouchons.

Cette décision vient s’ajouter à une longue liste de précautions prises depuis un an par le maire conservateur de Budapest, István Tarlos, pour nettoyer l’espace public budapestois de ses SDF. Les contrôles d’identité et le passage d’agents de sécurité ou de policiers auprès de cette population sont de plus en plus fréquents, poussant les miséreux soit à disparaître du centre, soit à se rassembler dans des centres improvisés.

Source : Hungary Around The Clock

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