Tibor Navracsics tâcle le Fidesz sur l’Europe

Le commissaire européen Tibor Navracsics, ancien bras droit de Viktor Orbán, a violemment critiqué la rhétorique eurosceptique de son parti, le Fidesz, au cours d’une interview parue cette semaine dans Heti válasz. Face à ses détracteurs l’accusant de s’être laissé «infecter» l’esprit par l’air de Bruxelles, l’ancien ministre de la justice a préféré rappeler l’engagement historique de la droite hongroise en faveur de la construction européenne. Selon le responsable politique, ce sont les dirigeants du parti conservateur qui ont changé, pas lui.

Tibor Navracsics ne doit plus susciter les mêmes inquiétudes qu’au moment de sa nomination comme commissaire européen il y a deux ans. De nombreux médias s’étaient alors émus de la présence de ce proche de Viktor Orbán au sein de l’équipe de Jean-Claude Juncker, surtout avec un portefeuille aussi symbolique que l’éducation et la culture. Il faut croire que de l’eau a coulé sous les ponts si l’on s’en tient à la sortie récente de l’ancien ministre hongrois de la justice contre son parti, le Fidesz. Interrogé cette semaine par le mensuel Heti válasz sur la volonté du gouvernement d’organiser un référendum sur les quotas de réfugiés, Tibor Navracsics a déploré que celui-ci veuille consulter les citoyens sur un problème qui n’existe pas, rappelant ainsi le caractère non contraignant du système de répartition des demandeurs d’asile.

Lajos Kósa, l’un de ses successeurs à la tête du groupe Fidesz à l’Assemblée nationale – poste que Navracsics a occupé de 2006 à 2010 -, a mis les propos du commissaire européen sur le compte d’une «reconnaissance du ventre envers Bruxelles», tandis que le président du Parlement László Kövér a préféré évoquer à son égard une probable «infection par l’air [de la capitale européenne]». Face à ses détracteurs, Tibor Navracsics a préféré rappeler l’engagement historique du parti conservateur en faveur de la construction européenne, déplorant ainsi le tournant eurosceptique du troisième mandat de Viktor Orbán. Interrogé sur un possible effet de contagion post-Brexit vers les pays d’Europe centrale, le commissaire européen a estimé que «la place de la Hongrie ne pouvait être qu’en Europe».