Le maire de Budapest ne se représentera pas en 2019

István Tarlós, maire Fidesz de Budapest, a annoncé ce dimanche ne pas briguer sa succession en 2019. L’édile conservateur avait été élu à la tête de la capitale hongroise en octobre 2010, puis réélu en 2014.

Faut-il y voir un effet de la déflagration de la campagne Nolimpia ? Ou bien le résultat d’une longue guerre de nerf avec Viktor Orbán ? Quoiqu’il en soit, István Tarlós a annoncé ce dimanche dans une interview sur la chaîne ATV qu’il n’effectuera pas de troisième mandat comme maire de Budapest. « A l’instant où je vous parle, je ne suis pas vraiment déterminé à être candidat et encore moins à tout faire pour l’être », a déclaré l’homme politique de 68 ans, lors de l’émission hebdomadaire Heti Napló.




Élu une première fois en 2010, István Tarlós avait alors bénéficié de la vague « orange » qui avait porté Viktor Orbán à la tête du gouvernement. Cinq mois après les élections législatives de mai, le parti conservateur Fidesz avait raflé quasi toutes les localités du pays, y compris l’immense majorité des arrondissements de Budapest. Ancien maire du 3e arrondissement (Óbuda-Békasmegyer), István Tarlós s’était alors distingué comme un régulier opposant au festival Sziget, en raison de programmations jugées « trop favorables aux homosexuels ». En tant que maire de Budapest, ses deux mandats ont été marqués par des réalisations plus consensuelles, notamment en matière de développement des transports urbains et de réhabilitation des espaces publics. Mais aussi par des sujets de clivage, comme le durcissement des décrets hostiles aux sans-abri, le projet de Bois aux musées, la digue mobile de Római part ou plus récemment la candidature de la capitale hongroise aux Jeux olympiques de 2024.

La campagne Nolimpia et le succès qu’on lui connait ont sans doute joué en faveur de ce retrait de la course. Il n’aura fallut que l’hostilité chronique de Viktor Orbán et d’une bonne partie du Fidesz pour finir de l’achever. En 2014 déjà, les intrigues au sein du parti conservateur avaient affaibli la candidature d’István Tarlós, mais ce dernier s’était finalement imposé faute de prétendant viable. Souvent poil à gratter du gouvernement, le maire sortant de Budapest s’était maintes fois vu mettre des bâtons dans les roues, notamment dans le fumant dossier de la rénovation du métro 3, sans cesse promise puis contrecarrée par le cabinet du Premier ministre.

De nombreux maires Fidesz d’arrondissement pourraient être tentés de briguer sa succession. S’il sera difficile à Antal Rogán de se présenter, vu les nombreux soupçons de corruption qui pèsent sur lui, il est probable que la place revienne à l’ambitieux Máté Kocsis, actuellement à la tête du 8e arrondissement et président du groupe de la majorité au conseil de Budapest. En-deçà du prestige de la fonction, les compétences du maire de la capitale sont en réalité très limitées. Elles agissent sur des sujets de dimension « métropolitaine » ou sur des dossiers qui impliquent plusieurs arrondissements.

Édit : suite au commentaire d’un de nos lecteurs, nous avons corrigé l’erreur selon laquelle la prochaine municipale aurait lieu en 2018. Elle aura lieu en 2019.

Ludovic Lepeltier-Kutasi