Le gouvernement hongrois lance une campagne contre l’avortement

Par Antoine Bouffard

« La vie du fœtus sera protégée dès sa conception ». L’article II de la partie Liberté et Responsabilité de la nouvelle Constitution hongroise a provoqué de nombreux débats. Si cet article n’implique pas automatiquement une remise en cause future du droit à l’avortement, une nouvelle campagne publicitaire nous donne un premier aperçu de ses possibles applications.

 

Vu à Budapest, mai 2011. Crédit photo : Sakari Huttunen pour HU-lala

Voici les affiches que l’on peut déjà apercevoir dans les stations de métro de Budapest. Le slogan est fort, voire choquant : « Je comprends bien que tu n’es pas encore prête pour moi, mais donne moi au service d’adoption, laisse moi vivre« , supplie le futur enfant.  Elles invitent les femmes ayant une grossesse non-désirée à réfléchir à deux fois avant d’avorter et leur rappellent notamment que de nombreux couples en Hongrie désirent adopter un enfant.

Le secrétaire d’Etat à la famille et à la jeunesse, Miklós Soltész, se défend d’effectuer un premier pas vers l’interdiction de l’IVG en Hongrie avec cette campagne : « La société hongroise n’est pas prête pour l’interdiction de l’avortement, comme les Polonais par exemple. Ce n’est d’ailleurs pas ce que nous cherchons, nous souhaitons insister sur l’importance de la vie ».

Le ministère hongrois des Ressources nationales semble avoir appris de l’exemple polonais : la quasi-interdiction de l’avortement mise en place en Pologne en 1993 n’a pas conduit à la relance de la natalité espérée, mais a entraîné au contraire de graves problèmes sociaux (avortements clandestins, etc.). La dissuasion/culpabilisation couplée à l’encouragement à l’adoption et la simplification des procédures sont donc les pistes privilégiées en Hongrie.

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