Le déficit pourrait atteindre de 4.5 à 6.5% en 2010

A peine nommé par le futur chef du gouvernement Viktor Orbán, le prochain ministre de l’économie, György Matolcsy, a dévoilé lundi ses vues sur la direction économique a impulser au pays. Selon lui, le déficit budgétaire pourrait être creusé jusqu’à 6.5% du PIB au cours de cette année, pour permettre de réduire certaines taxes.

M. Matolcsy entend bien honorer les promesses de campagne du candidat Orban qui a fait de la réduction des taxes son cheval de bataille lors de la campagne électorale. Quitte à tailler dans le déficit budgétaire, initialement prévu par Gordon Bajnai et les bailleurs de fonds de la Hongrie à 3.8% du PIB. Selon ses prévisions, le déficit pourrait s’établir à 6.5% du PIB à la fin de cette année, mais il se veut rassurant en affirmant vouloir poursuivre une politique fiscale « stricte » et ne pas souhaiter laisser « filer » le déficit, comme la FIDESz en campagne s’était donnée le droit de le faire. Il pourrait être réduit d’un point de pourcentage l’année prochaine, à 4.5-5.5%. Tout n’est pas encore décidé pour autant concernant le budget puisque Matolcsy a déclaré attendre un rapport de la commission dirigée par Mihaly Varga, le prochain secrétaire d’Etat, qui sera remis au gouvernement mi-juin, avant d’avoir une vue globale de la situation économique hongroise et des décisions à prendre.

Le futur « super-ministre » mise sur la réduction des taxes pour impulser la croissance. Il estime qu’ « il y a de la place » pour les réduire, malgré les engagements de la Hongrie vis-à-vis de ses bailleurs de fonds : le FMI, la Banque mondiale et l’Union européenne. D’ailleurs, les tractations entre le futur gouvernement hongrois et le FMI ont déjà débuté. A terme elles incluront le premier ministre, le ministre de l’économie et le représentant de la banque centrale hongroise MNB, qui seront chargé de renégocier le prêt de 20 milliards d’euro du FMI qui doit expirer en octobre.

Les grands travaux devraient débuter en janvier avec la mise en place de la réforme des taxes, en parallèle d’un programme de relance intérieure globale. Les taxes seront coupées et simplifiées en vue de stimuler la croissance. Selon lui, la Hongrie devrait être en mesure de fixer une date pour l’adoption de la monnaie commune européenne à la fin de l’année 2011. La tâche ne sera pas facile car les analystes ne prévoient qu’un recours très faible de la croissance en 2011.

György Matolcsy sera en charge du nouveau « super-Ministère » en charge de l’Economie, des Finances et du Développement. C’est un économiste de 54 ans, plus connu pour ses positions pro-croissance que de rigueur budgétaire. Dans le gouvernement Orban, il était conseiller économique de 1998 à 2000, puis ministre de l’économie de 2000à 2002. Durant son passage au poste de ministre, le déficit établi à 3% du PIB en 2000 est passé à 4.7% en 2001 puis à 9.4% en 2002. Il est aussi le fondateur et directeur du think-tank basé à Budapest Hungarian Economic Development Institute.

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Corentin Léotard

Journaliste

Rédacteur en chef de Hulala