La victoire du PiS en Pologne, une bonne nouvelle pour Viktor Orbán

Avec la victoire écrasante du PiS aux législatives en Pologne le week-end dernier, la Hongrie retrouve un allié de poids en Europe.

Le parti Droit et Justice (PiS) de Jaroslaw Kaczynski a toujours fait étal de son admiration pour le hongrois Viktor Orbán et souhaité pour la Pologne un scénario « à la hongroise ». « Je suis en effet persuadé que le moment approche où il y aura en Pologne des changements similaires à ceux qui ont lieu aujourd’hui en Hongrie« , estimait le député du PiS Antoni Macierewicz dès 2013.

Il avait vu juste. La victoire d’Andrzej Duda à l’élection présidentielle au mois de mai plus tôt cette année avait déjà sonné comme un coup de semonce : l’Orbanisme pourrait faire des petits ailleurs en Europe centrale et orientale.

Le PiS et le Fidesz partagent de traits communs, à commencer par le conservatisme social et la volonté d’unir les Eglises et l’Etat. Le PiS souhaiterait, comme Budapest, remettre la main sur des pans entiers de l’économie tombés aux mains de grandes entreprises étrangères. Les taxes spéciales hongroises sur les banques, les entreprises énergétiques et la grande distribution pourraient ainsi être imitées en Pologne.

Mais le rapprochement russo-hongrois est en revanche vue d’un très mauvais œil en Pologne. Cela pourrait être une limite aux bonnes relations polono-hongroises, car la Pologne est elle plus volontiers atlantiste que la Fidesz dont les relations avec Washington sont exécrables.

Le V4 s’en trouve renforcé

Viktor Orbán plaide pour une politique de coopération plus active entre les pays d’Europe centrale au sein du groupe de Visegrád, le V4. Comme le couple franco-allemand, il arrive que la Pologne, la Hongrie, la Slovaquie et la République Tchèque se rencontrent en amont de sommets européens pour accorder leurs violons d’Europe centrale et tenter de faire contrepoids aux pays de l’Ouest. Ce qui et rarement couronné de succès.

Le PiS souhaite aussi impliquer davantage la Pologne et faire du V4 un outil de puissance diplomatique pour Varsovie. Le V4 se trouverait donc considérablement renforcé si le géant de l’Europe centrale suit cette voie. A commencer par le dossier des quotas de migrants auxquels s’opposent ses membres.

Dans le quotidien La Croix, Jacques Rupnik, spécialiste de l’Europe centrale et orientale, estime : « Nous avions tendance à considérer que la régression démocratique Hongroise était une exception passagère. Or on s’aperçoit que cela peut devenir un modèle ».

C’est une excellente nouvelle pour le gouvernement hongrois, mais une beaucoup moins bonne pour ses opposants.