La population budapestoise est potentiellement menacée par l’iode 131

La CRIIRAD (Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité) réclame une expertise d’urgence pour déterminer les niveaux de contamination à l’iode 131 et recommande aux populations proches du site (à l’ouest de Buda) de ne pas consommer les produits végétaux et les produits laitiers d’origine locale. Elle dénonce aussi des « dysfonctionnements graves » et un « manque de transparence » dans cette affaire, dans un communiqué transmis mardi soir à HU-lala.

La CRIIRAD veut  que « soit lancée en urgence une expertise du niveau de contamination en iode 131 dans l’environnement du site à Budapest et que, en l’attente des résultats, il soit demandé aux populations locales de ne pas consommer les produits végétaux et les produits laitiers d’origine locale ».

« Il y a urgence à vérifier le degré de contamination dans l’environnement du site hongrois et à prendre localement des mesures de radioprotection », estime la Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité (CRIIRAD).

Les autorités hongroises ont-elles cherché à cacher l’origine des fuites ?

Estimant que la quantité de rejet d’iode 131 a pu avoir été sous-estimée, la CRIIRAD émet aussi des doutes quant à la fiabilité du dispositif de mesure des rejets de ces installations (réacteur nucléaire et institut des isotopes).

Elle pointe du doigt plusieurs « dysfonctionnements graves » – le défaut de maîtrise des rejets, le manque de transparence et le défaut de protection des populations – et demande que les autorisations de rejet très élevée soient examinées.

L’Autorité à l ’Énergie Atomique Hongroise (HAEA) a informé, vendredi 17 novembre, l’Agence Internationale à l’Energie Atomique (AIEA) du fait que la source des rejets d’iode 131 – détectés depuis une semaine dans l’atmosphère dans plusieurs pays européens – était très probablement un institut de production de radioisotopes à Budapest. Les rejets seraient intervenus, selon l’agence hongroise, du 8 septembre au 16 novembre 2011.

Le Conseiller nucléaire régional, M. Cognet, expliquait il y a quelques jours sur le site de l’ambassade de France en Hongrie que l’Izotop Intezet Kft – l’Institut des isotopes de Budapest mis en cause – est un institut privé spécialisé dans la production de radioéléments pour le secteur médical : traitement de certaines affections (cancers notamment) et diagnostics tels que l’imagerie par scintigraphie, ainsi que pour certaines applications industrielles telles que le contrôle de soudures. Il est situé à la limite Ouest de la commune de Budapest, à proximité de la colline Normafa.

Site de la Commission de Recherche et d’Information Independante sur la Radioactivite : http://www.criirad.org/actualites/dossier2011/hongrie/iode131-hongrie.html