La BKV à l’agonie, Tarlós sur la corde raide

L’arrivée de la Fidesz au gouvernement et à Budapest n’a pas fait de miracles pour la situation financière de la BKV, au contraire. Selon les responsables municipaux, tout le système de transports publics de la capitale serait sur le point de s’effondrer si l’Etat ne le sauvait pas immédiatement et il pourrait même entraîner le pays tout entier dans sa banqueroute. Du côté du gouvernement, on critique publiquement la gestion et le style d’István Tarlós, que le parti au pouvoir avait pourtant « placé » à la mairie de Budapest.

Depuis son arrivée à la mairie l’an dernier, István Tarlós s’en remet encore et toujours au soutien de l’Etat pour sauver la compagnie de transports publics de Budapest (BKV). Plusieurs aides d’Etat conséquentes ont déjà été livrées cette année, dont 5 milliards de forints (plus de 16 millions d’euros) encore récemment. Pour que les métros continuent de circuler, la municipalité réclame à l’Etat une nouvelle tranche d’aide de 6 milliards de forints à la mi-décembre et une autre de 9 milliards en janvier (environ 50 millions d’euros supplémentaires au total).

Selon M. le Maire, si l’aide ne lui parvient pas d’urgence, l’inéluctable faillite de la BKV « ne s’arrêtera probablement pas aux frontières de la ville », a-t-il expliqué dans une lettre envoyée au Premier ministre Orbán au mois de novembre. La lettre présente également les 12 principaux problèmes auxquels la compagnie de transports est confrontée, parmi lesquels : un parc de véhicules obsolètes et vétustes, des dettes qui ne cessent de s’accumuler face à des prêts qui arrivent à échéance et un manque de moyens pour financer les transports en banlieue. Pour justifier ses problèmes de gestion, Tarlós affirme que toutes ses tentatives pour augmenter les recettes, telles que sa nouvelle taxe de transports ou sa réforme des impôts locaux auprès des entreprises, ont été littéralement « sabotées » au Conseil municipal.

Il faut dire que les tensions entre le maire de Budapest et la Fidesz ne cessent de croître depuis la rentrée. Ses positions politiques et budgétaires sont régulièrement contestées par plusieurs maires Fidesz d’arrondissements et sa critique du budget national 2012 a été très mal perçue par Viktor Orban en personne, qui lui aurait vivement conseillé de se mettre au diapason du « style Fidesz ». Pour sa défense, Tarlos a tout de même rappelé que sous sa direction, Budapest a temporairement évité à la Hongrie de perdre une aide européenne au développement de 180 milliards de forints en négociant un accord de dernière minute avec Alstom.

Janos Atkári, conseiller municipal, a toutefois déclaré la semaine dernière que l’insolvabilité imminente de la BKV pourrait aussi « mettre fin au projet du nouveau métro (ligne 4) de la capitale, et forcerait alors celle-ci à rembourser les 180 milliards du fonds européen. Ce cas de figure provoquerait instantanément l’effondrement financier de la ville, mais également celui du pays. » Selon Atkári, l’effondrement de la BKV ne s’arrêtera pas tant qu’elle n’obtiendra pas une aide extérieure comprise entre 40 à 50 milliards de forints par an.

Jusqu’au nouveau contrat signé cet été avec le constructeur français, l’Autorité nationale des transports reprochait aux futures rames Metropolis d’Alstom leur système de freinage non conforme et défectueux au vu des normes hongroises. Vendredi dernier, c’était pourtant la défection du système de freinage d’un des métros actuels qui a provoqué un incendie sur la ligne de métro 3, au niveau de la station centrale Déak Ferenc… Les métros circulent désormais à 60 km/h au lieu de 80 km/h habituellement.

Source : index.hu

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