Jobbik, un parti « pornolitique » qui donne des leçons de citoyenneté

Le parti d’extrême droite Jobbik a déposé mardi au Parlement un projet de loi électorale inédit. Il s’agirait de restreindre le droit de vote à ceux qui ont un niveau minimum d’éducation, comme l’a annoncé son leader Gabor Vona, lors d’une conférence de presse.

D’après le chef de Jobbik, ceux qui n’ont pas réussi à acquérir un seuil minimum d’éducation ne devraient pas avoir à décider de l’avenir du pays et ce seuil devrait être spécifié par une loi. Les enquêtes de sociologie électorale tendent à montrer que ce sont les électeurs du parti socialiste MSZP qui ont le niveau d’éducation moyen le plus faible. Mais d’autre part, on sait que Jobbik a prospéré sur les ruines de ce parti à qui il a damé le pion dans le Nord-Est notamment. Pas facile donc de prévoir à qui cette loi pourrait porter le plus grand préjudice.

La proposition de loi contient également une ou deux nouveautés supplémentaires : remplacer le système à deux-tours par un tour unique (déjà proposé par l’alliance FIDESZ-Chrétiens démocrates), abaisser le seuil d’entrée au Parlement de 5% à 4%, et autoriser les partis recueillant plus de 1% des voix à proposer un candidat ainsi qu’une liste nationale lors des élections ultérieures.

Jobbik en faveur d’un « redressement » national

Quelque jours avant cet ambitieux projet de réforme électorale motivé par une réflexion louable entre éducation et démocratie, l’actualité de Jobbik était d’un tout autre acabit.

La télévision hongroise a récemment dévoilé que le président de Jobbik du district de Solymàr, Zoltàn Kabai (photo), a tourné dans pas moins de 84 films pornos de 1992 à 2009. Une longue et belle carrière ! Le leader local du parti d’extrême droite, connu au cinéma sous le nom de « Zoltàn le Cowboy » a aussitôt démissionné. Loin d’être un amateur, il fait plutôt figure de modèle dans l’industrie du porno, le producteur Istvàn « Kovi » le décrivant même comme appartenant à « l’élite professionnelle ». Comme dit l’autre, la morale devient rigide quand le reste ne l’est plus…

Ce n’est pas le premier scandale de mœurs que connaît Jobbik. Vivien Katona, ancienne membre du parti, Andras Kiraly, ancien porte-parole ou encore Nikolett Müller, ex-membre de la magyar garda, avaient défrayé la chronique par leurs frasques ou leur passé dans l’industrie porno, qui ne collait pas trop avec la rhétorique du parti concernant les mœurs sexuelles et l’homosexualité.

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