Jobbik et le grand bond en arrière

Par les réintroductions de la prière nationale de l’entre-deux-guerres à l’école et du drapeau national pré-1945, le parti d’extrême-droite Jobbik a proposé par la voie parlementaire de revenir à un temps que les plus de 80 ans auraient préféré ne pas connaître…

Pour l’ensemble de l’Europe, la période de l’entre-deux-guerres est une page noire de son histoire qu’elle aimerait pouvoir effacer. Celle de la crise économique, de la montée du fascisme et de la marche à la guerre. D’ailleurs, aujourd’hui encore, ne dit-on pas d’une idée rétrograde et dangereuse, qu’elle constitue un « retour aux années 30 » ? Il n’en va pas de même pour l’extrême-droite hongroise pour qui l’entre-deux guerres représente une période exaltante où la nation hongroise s’était dressée comme un seul homme derrière son chef, l’amiral Miklós Horthy, pour dénoncer le « diktat » de Trianon qui avait mis en pièce le Royaume hongrois en 1920. A cette époque, les petits écoliers hongrois récitaient en chœur chaque matin la « Magyar Hiszekegy », celle que Jobbik aimerait entendre résonner à nouveau :

Je crois en un Dieu
Je crois en une patrie
Je crois en une vérité sainte et éternelle
Je crois en la résurrection de la Hongrie
Amen

Seconde proposition du parti, le retour du drapeau national hongrois tricolore frappé du blason symbolisant l’union de tous les Magyars du Bassin des Carpates, la Sainte couronne, que le régime communiste avait supprimé.