«Le saviez-vous ? L’attentat de Paris a été commis par des migrants»

En Hongrie, le gouvernement de Viktor Orbán promeut avec brutalité son référendum contre l’accueil de réfugiés. Au point d’utiliser les attentats de Paris et les agressions sexuelles de Cologne pour arriver à ses fins.

Nouvelle salve du gouvernement hongrois sur son thème de prédilection depuis l’année dernière : l’immigration et le terrorisme. Les six messages sur le mode «Le saviez-vous ?» que vous allez découvrir ci-dessous ont été présentés hier sur le site du gouvernement (kormany.hu) et, dès lundi prochain, ils fleuriront dans les espaces publics, dans les journaux, sur internet et peut-être même dans des spots télévisés.

Il s’agit d’enjoindre les quelques huit millions de Hongrois à répondre « Non » le 2 octobre à la question référendaire : « Approuvez-vous que l’Union européenne puisse ordonner l’installation en Hongrie, à titre obligatoire, de ressortissants non-Hongrois sans l’accord de l’Assemblée nationale ? ». Le gouvernement de Viktor Orbán veut à tout prix s’opposer aux tentatives – vaines à ce jour – de la Commission européenne de répartir 160 000 demandeurs d’asile entre les États membres, dont 2 300 en Hongrie. Il n’est pas sûr cependant que la participation au référendum «anti-réfugiés» soit suffisante pour que celui-ci soit validé.

Face à cette nouvelle étape franchie par le pouvoir, les réactions sont nombreuses dans l’opposition. La plus vive étant celle du webjournal 444.hu qui considère que le gouvernement hongrois mène une campagne de xénophobie digne de Joseph Goebbels, Ministre du Reich à l’Éducation du peuple et à la Propagande.

Le quotidien de centre-gauche Népszabadság rappelle ce mercredi dans son édition numérique que, outre cette propagande, la xénophobie du gouvernement hongrois s’exprime aussi de façon concrète : sur les 25 000 demandes de protection déposées par des migrants depuis le début de l’année 2016, 250 personnes seulement ont obtenu le statut de réfugié ou une protection subsidiaire.

«Le Fidesz sortira-t-il gagnant de sa campagne de com’ contre les immigrants ?», s’interrogeait Hulala il y a un an alors que la crise migratoire prenait de l’ampleur et que le gouvernement venait de lancer une première campagne d’affichage hostile aux migrants. (Lire L’afflux de migrants secoue la société hongroise). Un an plus tard, force est de constater que la réponse est oui. Le parti a réussi à imposer tout en haut de l’agenda politique ce thème jusque-là très éloigné des préoccupations des Hongrois et à rallier une vaste majorité de l’opinion publique à ses vues. C’est en tout cas ce que montre une grande étude européenne réalisée par l’institut américain Pew Research.

« L’attentat de Paris a été commis par des immigrants. »

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« Près d’un million de migrants veulent venir en Europe à partir de la seule Libye. »

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« Depuis le début de la crise migratoire, le nombre de harcèlements contre les femmes en Europe a considérablement augmenté. »

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« Depuis le début de la crise migratoire, plus de 300 personnes sont mortes dans des attaques terroristes en Europe. »

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« Bruxelles veut installer en Hongrie l’équivalent d’une ville d’immigrants illégaux. »

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« L’an dernier, un million et demi d’immigrants clandestins sont arrivés en Europe. »

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Nous avons également choisi de traduire le texte accompagnant une curieuse carte d’Europe, mise en ligne sur le site gouvernementale en faveur du Non aux quotas de réfugiés.

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« Les espaces appelés « No-go zones » sont des quartiers urbains, que les autorités n’arrivent pas, ou ont du mal, à garder sous leur contrôle. Là-bas, les normes écrites ou non-écrites de la société d’accueil ont du mal à s’imposer. Dans les villes européens où vivent d’importantes communautés d’immigrés, il existe plus de cent « No-gone zones » de ce type » (source : nepszavazas2016.kormany.hu).