En Hongrie, pour la fête nationale…démobilisation générale !

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En Hongrie, pour la fête nationale…démobilisation générale !
Fête nationale hongroise du 15 mars

La cérémonie a commencé à 8h00 avec la levée du drapeau hongrois devant le Parlement à 9h00. © Yohan Poncet/Hulala

En Hongrie, pour la fête nationale…démobilisation générale !
Fête nationale hongroise du 15 mars

La cérémonie a commencé à 8h00 avec la levée du drapeau hongrois devant le Parlement à 9h00. © Yohan Poncet/Hulala

En Hongrie, pour la fête nationale…démobilisation générale !
Fête nationale hongroise du 15 mars

Le cortège militaire était constitué de la Cavalerie nationale hongroise, la Fanfare de la garnison de Budapest de la Fédération pour la conservation de la tradition hussarde et militaire et a défilé entre Kossuth Lajos tér et le Musée national hongrois en passant par Alkotmány utca et Bajcsy-Zsilinszky út. © Yohan Poncet/Hulala

En Hongrie, pour la fête nationale…démobilisation générale !
Fête nationale hongroise du 15 mars

Les chevaux et les musiciens avançaient au milieu des civils, dans un même flux, se surprenant parfois à marcher à l’unisson, comme si les civils jouaient le jeu du défilé et prenaient part au spectacle. Bonne humeur et politesses étaient aux rendez-vous, les civils n’ont pas profité des libertés qui leur étaient données pour gêner la marche des militaires. © Yohan Poncet/Hulala

En Hongrie, pour la fête nationale…démobilisation générale !
Fête nationale hongroise du 15 mars

Les chevaux et les musiciens avançaient au milieu des civils, dans un même flux, se surprenant parfois à marcher à l’unisson, comme si les civils jouaient le jeu du défilé et prenaient part au spectacle. Bonne humeur et politesses étaient aux rendez-vous, les civils n’ont pas profité des libertés qui leur étaient données pour gêner la marche des militaires. © Yohan Poncet/Hulala

En Hongrie, pour la fête nationale…démobilisation générale !
Fête nationale hongroise du 15 mars

Les chevaux et les musiciens avançaient au milieu des civils, dans un même flux, se surprenant parfois à marcher à l’unisson, comme si les civils jouaient le jeu du défilé et prenaient part au spectacle. Bonne humeur et politesses étaient aux rendez-vous, les civils n’ont pas profité des libertés qui leur étaient données pour gêner la marche des militaires. © Yohan Poncet/Hulala

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Fête nationale hongroise du 15 mars

La Fanfare de la garnison de Budapest de l’Armée hongroise. © Yohan Poncet/Hulala

En Hongrie, pour la fête nationale…démobilisation générale !
Fête nationale hongroise du 15 mars

Viktor Orbán a tenu un discours devant quelques milliers de personnes devant le Musée national Hongrois. Une délégation de Polonais était également présente comme lors des fêtes précédentes, mais critiquant cette fois l’absence de soutien à la Pologne lors de la réélection de Donald Tusk au Parlement Européen. © Yohan Poncet/Hulala

En Hongrie, pour la fête nationale…démobilisation générale !
Fête nationale hongroise du 15 mars

Viktor Orbán a tenu un discours devant quelques milliers de personnes devant le Musée national Hongrois. Une délégation de Polonais était également présente comme lors des fêtes précédentes, mais critiquant cette fois l’absence de soutien à la Pologne lors de la réélection de Donald Tusk au Parlement Européen. © Yohan Poncet/Hulala © Yohan Poncet/Hulala

En Hongrie, pour la fête nationale…démobilisation générale !
Fête nationale hongroise du 15 mars

Péter Juhász, chef de file du parti Ensemble avait également appelé à manifester bruyamment comme il l’avait fait lors de la venue du Président russe Vladimir Poutine. Sur le panneau : "Vous volez, trichez sans cesse. Vous êtes les infames coupables de l'apolitisme. Votre place sera en prison et que vos têtes coupées pourrissent là-bas." 
© Yohan Poncet/Hulala

En Hongrie, pour la fête nationale…démobilisation générale !
Fête nationale hongroise du 15 mars

Péter Juhász, chef de file du parti Ensemble avait également appelé à manifester bruyamment comme il l’avait fait lors de la venue du Président russe Vladimir Poutine. Sur le panneau : "Vous volez, trichez sans cesse. Vous êtes les infames coupables de l'apolitisme. Votre place sera en prison et que vos têtes coupées pourrissent là-bas." 
© Yohan Poncet/Hulala

En Hongrie, pour la fête nationale…démobilisation générale !
Fête nationale hongroise du 15 mars

Péter Juhász, chef de file du parti Ensemble avait également appelé à manifester bruyamment comme il l’avait fait lors de la venue du Président russe Vladimir Poutine. Sur le panneau : "Finissons-en avec la dictature chrétienne du FideSS et avec le régime des délinquants nationaux." 
© Yohan Poncet/Hulala

En Hongrie, pour la fête nationale…démobilisation générale !
Fête nationale hongroise du 15 mars

Mais les manifestations n’étaient pas seules aujourd’hui, il y avait également des contre-manifestations avec des sympathisant pro-Orbán qui se sont attroupés face aux siffleurs, créant un face-à-face surprenant. Arborant des pancartes "Soros paye, Juhasz siffle" pour critiquer les adversaires d'Orbán, les militants appartenaient au mouvement politique de jeunesse "Fidelitas" proche du Fidesz-Union civique. Les policiers, en grand nombre, tempéraient la situation et surveillaient qu’aucun objet dangereux n’entrait dans la zone où le premier ministre se trouvait. Un combat très bruyant mais assez calme finalement, car excepté une ou deux échauffourées impliquant des siffleurs avec la Police, aucun contact n’a eu lieu entre les deux groupes. De plus, une coalition socialiste, démocratique, libérale ainsi que des membres de "Solidarité" ont participé à des manifestations vers 15h. Entre 3 000 à 3 500 personnes ont participé à ce rassemblement organisé par le président du "groupe pour la République", qui avait soutenu la candidature de Lászlo Majtényi au poste de chef de l'Etat, mais qui a été défait lundi. © Yohan Poncet/Hulala

Le 15 mars sonne en Hongrie comme la célébration de la révolution de 1848 et de la guerre d’indépendance contre les Habsbourg. Des trois fêtes nationales hongroises, le 15 mars est sans doute la plus politique, comme l’ont encore montré les célébrations de cette année.

Budapest – Ce mercredi, un cortège militaire a défilé de Kossuth Lajos tér jusqu’au Musée national en passant par Alkotmány utca et Bajcsy-Zsilinszky út. Un défilé haut en couleur, lancé dans les rues de Budapest, constitué entre autres du Régiment d’honneur de la Cavalerie nationale hongroise, de la Fanfare de la garnison de Budapest ou encore de la Fédération pour la conservation de la tradition hussarde et militaire. Tout était minutieusement réglé et s’est déroulé sans accroche, malgré un groupe de musique qui a perturbé la parade et déboussolé quelques chevaux habitués à la régularité de l’orchestre.

Au Musée national, imposant édifice classique situé sur le petit boulevard, la foule a pu assister à quelques danses et chants traditionnels, avant d’entonner à l’unisson l’Himnusz – l’hymne national écrit par Ferenc Kölcsey et Ferenc Erkel -, les couvres-chefs ôtés évidemment. Le premier ministre hongrois Viktor Orbán a prononcé son habituel discours, devant un public acquis, pour beaucoup amené par cars entiers de province. Cette année, le chef de gouvernement a repris l’antienne du « souverainiste obsidional »[1]Gradvohl Paul, 2017, « Orbán et le souverainisme obsidional », Politique étrangère, 13 mars 2017, Printemps, n°1, p. 35‑45., leader d’un camp assiégé, seul contre tous dans un monde hostile : « Nous (…) ne pouvons que nous vanter du plus grand triomphe possible. Nous avons toujours gagné la guerre – menée pour la survie de la patrie et de la nation (…) nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes, donc la responsabilité gouvernementale doit rester entre les mains des forces nationalistes ».

Ailleurs à Budapest, les kokárda, la cocarde hongroise, sont en revanche beaucoup plus rares qu’à l’accoutumée. Sans doute un effet de la politisation des symboles nationaux par le Fidesz depuis 2010. Des drapeaux polonais, rouge et blanc, étaient également présents, pas tant soutenir que pour rappeler à Viktor Orbán la déception des conservateurs du PiS après la reconduction – avec l’aval de Budapest – de leur pire ennemi Donald Tusk à la tête de l’Union européenne. La tribune du chef de gouvernement fut précédée et suivie sur place par des concerts, des récitals et des spectacles de danse. La fête s’est ensuite déplacée et poursuivie, dans la même veine, toute l’après-midi à Buda, entre l’église Matthias et le château. Loin du bruit des violons et du duda, d’autres lieux de Budapest ont été investis d’une autre manière en ce mercredi 15 mars. A l’instar de la gare de Keleti, où les partisans du parti d’opposition Ensemble (Együtt) s’étaient rassemblés pour écouter leur leader Péter Juhász leur promettre qu’en 2018, le discours de Viktor Orbán sera son dernier en tant que Premier ministre. Environ trois mille personnes se sont aussi rassemblées autour de László Majtényi, le candidat défait à la présidence de la République au début de la semaine. Elles ont défilé entre l’Opéra et Alkotmány proche du parlement.

1. Gradvohl Paul, 2017, « Orbán et le souverainisme obsidional », Politique étrangère, 13 mars 2017, Printemps, n°1, p. 35‑45.
Yohan Poncet