Gros succès de l’euro-manifestation syndicale à Budapest

Les syndicats européens avaient prévu de frapper fort ce samedi à Budapest, et c’est ce qu’ils ont fait ! Plusieurs dizaines de milliers de personnes, venues de tout l’Europe ou presque, se sont retrouvées au cœur de la capitale hongroise pour dire « Non à l’austérité » imposée sur l’ensemble du continent.

De mémoire de jeune hongrois, on n’avait jamais vu un tel rassemblement sur l’avenue Andrassy ! Pas moins de 45 syndicats issus de 22 pays ont fait le déplacement. A grand renfort de musique, de cors de brume, de drapeaux, de pancartes, de sifflets et même de criquets, le cortège s’est étendu le long d’Andrassy Ut, entre Hösök tere (la fameuse place des Héros) et Oktogon.

Budapest le 9 avril 2011 (Photo : Corentin Léotard/Hu-lala)

Après le concert de rock qui rythma le cortège, c’est un concert de syndicalistes qui prit sa suite, sur la scène montée sur la place Oktogon, redécorée aux couleurs de syndicats français très en vue : FO, CFDT et CGT. Les leaders syndicaux ont chacun leur tour fustigé les plans d’austérité et les atteintes aux services publics nationaux et réclamés une Europe plus sociale.

Bernard Thibault (CGT) à Budapest le 9 avril 2011 (Photo : Corentin Léotard/Hu-lala)

Difficile d’imaginer qu’on était en Hongrie cet après-midi entre les discours en polonais, croate, allemand, etc., et français encore plus. A la suite d’un François Chérèque (CFDT) un peu terne mais appliqué comme à son habitude, c’est l’impayable Bernard Thibault qui a pris le micro pour une prestation charismatique (Cf. photo à droite).

Les organisateurs ont d’abord annoncé 35.000 personnes, tandis que les forces de l’ordre – généreuses comme à leur habitude en Hongrie – ont compté 50.000 manifestants. Ce qui n’a pas manqué de faire sourire Bernard Thibault, en compagnie de ses militants, quelques minutes après son discours. Sans doute peu habitué à ce type de comptage de la part de la police dans son propre pays…Il n’a pas manqué, juste avant, de venir serrer la pince des journalistes de Hulala, pourtant simples observateurs.

Cela n’a eu probablement pas la moindre influence sur les décisions prises par les ministres européens des finances réunis au même moment à Gödöllö – à trente kilomètres de là -, mais les syndicats ont tout de même réussi à marquer les esprits ce samedi 9 avril.

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