Froid sibérien : quelle aide pour les sans-abri ?

Alors qu’une terrible vague de froid s’abat sur l’Europe, des centaines de personnes n’ont pas de toit dans la capitale hongroise et des milliers n’ont pas les moyens de chauffer leur habitation dans les campagnes. Quels sont les moyens mis en oeuvre pour leur venir en aide ?

www.met.hu

L’hiver avait été assez clément, la température tombant rarement au-dessous de zéro, jusqu’à ce que  le froid atteigne brutalement le pays cette semaine, avec des températures sous les moins -10°C et des prévisions avoisinant -15°C voire -20°C ce week-end. Chaque année, de nombreuses personnes sont victimes du froid en Hongrie, en 2012 plusieurs personnes ont déja gelée et on peut craindre encore beaucoup de décès.

La police prévoit d’effectuer des rondes dans les villages, souvent en collaboration avec la polgárőrség (la protection civile). Car, comme l’a rappellé la police du comitat de Szabolcs-Szatmár-Bereg, ce ne sont pas seulement les sans-abri qui sont en danger mais aussi les personnes qui, bien qu’ayant un toit, n’ont pas les moyens de se chauffer. En effet, chaque année, plusieurs personnes décèdent en campagne car elles n’ont pas assez de force pour ramasser du bois et n’ont personne pour veiller sur elles.

Le ministère de l’Intérieur a également pris des mesures importantes. La police, la polgárőrség et le service de prévention des catastrophes vont travailler ensemble. Le ministre Sándor Pintér a déclaré qu’ils allaient examiner les batiments abandonnés pour en transformer certains en abris chauffés et  il a lancé un appel pour que les Hongrois se montrent solidaires avec les personnes seules et vulnérables.

Zsuzsa Hegedűs, sociologue et principale conseillère de Viktor Orbán a quant à elle exhorté les organisations civiles et religieuses à accueillir le plus grand nombre de personnes possible. Elle a en outre proposer de mettre en place un service de surveillance pour toute les personnes de plus de 65 ans touchant l’aide sociale et vivant seule. Prenant en exemple la ville de Paris où les métros sont automatiquement ouvert quand la température descend sous les -5 degrés pour accueillir les SDF, elle a déploré que le maire de Budapest, István Tarlos, ne fassse pas de même.

La situation est très inquiétante car certains les centres d’accueil sont déjà saturés. A Győr par exemple, il n’y a plus une place pour accueillir les démunis. Dans la capitale, les structures d’accueil étaient elle aussi saturées à 95% dimanche soir. La fondation Menhely, qui s’occupe des sans-abris, a informé l’agence MTI que malgré ces centres d’hébergement, 1500 personnes environ restaient encore dehors la nuit à Budapest. Menhely appelle toute personne apercevant quelqu’un dormir dans la rue à les contacter d’urgence (+36 1 338 41 86).

Face à cette situation d’urgence la municipalité a décidé d’ouvrir un centre d’accueil en construction et pouvant accueillir 150 personnes. La compagnie de transport Volánbusz a elle mis à disposition des sans-abris un foyer dans lequel 350 personnes pourront passer la nuit.

Mais comment l’aide sociale va-t-elle pouvoir parvenir jusqu’aux centaines de personnes qui ont trouvé refuge dans les bois environnants Budapest, harcelées puis chassées de la capitale par les nouvelles autorités de la ville ?

Sources : police.hu, hajlektalan.info, NOL, MTI,  menhely.hu

Articles liés :

Voler pour se chauffer, la nouvelle mode «automne – hiver»

En Hongrie des pauvres se chauffent aux forints !

La gauche de la gauche dénonce une politique « anti-pauvres »

Le gaz plus cher pour le Hongrois lambda

La prison pour les sans-abris ?

60 jours de prison pour les petits délits

Petit à petit, le nettoyage social des rues de Budapest se poursuit

Le maire de Budapest s’adresse aux sans-abris « hors-la-loi »

Le cauchemar des clochards continue

La loi d’urbanisme qui rend les sans-abris insomniaques

Jouer au foot à Paris, un rêve pour Gyula, sans-abri en Hongrie (2/2)

La Hongrie se prépare pour la 9ème Homeless World Cup à Paris (1/2)

Vincent Baumgartner

Étudiant

Collaborateur occasionnel de Hulala. Étudie à l'Institut de hautes études internationales et du développement (Genève)