En Hongrie, 60 jours de prison pour les petits délits

Le gouvernement hongrois a annoncé le durcissement de son projet de loi concernant les petites infractions et autres délits, qui devrait entrer en vigueur en avril prochain. Ainsi, les répétitions de petits délits seraient jugées en comparution immédiate et passibles d’une peine de prison.

Une personne qui aura commis deux infractions ou délits dans une période de six mois pourra être incarcérée pour un acte qui, sans cette nouvelle mesure, ne serait pas passible d’une telle peine. L’exemple donné dans la presse cette semaine par Péter Kántás, coordinateur de la codification de la loi actuelle, est le suivant : quelqu’un pris en flagrant délit de glanage, ou en train de jeter des détritus sur la voie publique prendra deux mois de prison ferme si dans les six mois précédents il a commis une infraction au code de la route ou un trouble à l’ordre public.

A en croire ce projet, il y a encore pas mal de place dans les prisons hongroises et la police nationale recrute à tour de bras. Il suffit de se balader dans les rues de Budapest pour voir le sort réservé à quelqu’un qui vit dans la rue (voir la démonstration d’un activiste ci-dessous qui, se reposant sur un banc, se fait embarquer par huit policiers en quelques minutes). Le gouvernement justifie ce projet en prétextant qu’il s’inscrit dans l’esprit de la loi actuelle sur les infractions, datant de 1999 : la loi règle les petits délits en appliquant une procédure plus simple, plus rapide et moins coûteuse.

Lorsqu’on connaît le comportement de certains touristes étrangers, on pourrait donc entendre beaucoup parler de la Hongrie à la Cour Européenne de Justice dès l’an prochain. En effet, si le gouvernement hongrois croit avoir tout compris à la justice et à la proportionalité des peines, la Hongrie est encore officiellement dans l’Union Européenne et soumise à la Charte des Droits fondamentaux.

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